Présentation

Présentation






Voilà pas grand chose à dire...
Ici je posterai des petites fictions...
Entre Tom & Bill...
Des os...ce qui me passera par la tête...
Si vous voulez me racontez votre vie en détail n'hésitez pas...
La vie des gens m'intéresse...
Si vous laissez votre avis...
Sachez que ça me ferait plaisir...
Et puis c'est tout ce que j'avais à dire...
Bonne lecture...








Mini fic:

Say Goodbye...My Angel Dust
- Chapitre I
- Chapitre II
- Chapitre III - en cours

OS:

Moi, je ne pourrais pas - en ligne seconde partie
Une jolie matinée... - en ligne
Cours de natation - en ligne
Les premières fois - en ligne
Mr Deluxe - en ligne


Vous pouvez me noter ici ; AnotherGlance



# Posted on Monday, 24 March 2008 at 8:57 AM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 8:38 PM

Say Goodbye...My Angel Dust

Say Goodbye...My Angel Dust


(prière d'écouter un morceau calme, doux, un peu mélancolique, pour votre propre plaisir)



Say Goodbye...My Angel Dust


Chapitre I - All My Dreams...Broken


Aujourd'hui il fait beau, un magnifique soleil rayonne, éclairant toute la ville de ses merveilleuses couleurs. La neige tombe sur nos toits ce matin, l'air frai sort de ma bouche, créant un petit nuage de brume devant mes yeux. Je fredonne un air qui me trotte dans la tête depuis plusieurs jours déjà, je ne le connais pas mais il est beau. Je ne me pose pas de questions , je suis l'habituelle routine de tout les jours. Je marche doucement sur le trottoir, me rapprochant de mon calvaire éternel, mais mon esprit lui divague, c'est encore la seule chose chez moi qui ne m'est pas dictée de faire, que je choisi moi-même. Toujours cet air mélancolique m'emportant loin. Mais j'arrive bientôt, alors je descend de mon nuage, je vois la réalité, je reviens sur terre, et je prend à nouveau pour une millième fois cet air assuré, cette confiance en moi pointant le bout de son nez, comme tous les jours quand je suis ici, quatrième dalle après le second petit muret. Je me stoppe, regarde le ciel qui murmure des choses au vent, ces deux là sont bien partis pour une belle histoire. Mais je m'égare à nouveau, ce n'est pas raisonnable, alors je regarde devant moi, tous ces gens rentrant dans ce lieu, cet endroit que je déteste tant, et je m'avance, accrochant à moi ce sourire si narcissique et habituel qu'on me connaît bien mais qui n'est pas mien.

Tout le monde se retourne à mon entrée. Chaque personne de cette cours me regarde attentivement, pensant sûrement à quelque chose à mon propos, mal ou bien, peu m'importe comme si leur avis à mon sujet allait changer les choses. Moi je joue mon habituel in intéressé. Je continue toujours mon avancée ne regardant personne, enfin pas réellement, tout regard de ma part est à présent un regard de Bill Kaulitz, pas le mien.

J'arrive vers mon groupe, ces gens à qui je parle tous les jours, toutes les heures, de choses stupides, qui ne m'intéresse pas, qui me suivent partout, juste pour être avec Bill Kaulitz. Ce que les gens pourraient appeler des « amis ». Mais je n'ai pas d'amis. Les amis finissent toujours par te tromper un jour ou l'autre, se jouent de toi, te mentent, te trahissent. Ils sont les meilleurs ennemis que tu pourrais avoir. Alors je n'en ai pas. On ne peut pas me nuire, ni me faire mal, ni m'utiliser, ni me manipuler, ni même me cerner. Je n'ai aucune attache, aucun ami, aucune famille, aucun plaisir, aucune tristesse, aucun souvenir, rien, moi je n'ai aucune vie, je ne sais même pas pourquoi au juste je suis là.

Bill Kaulitz si, lui il a tout ce que n'importe quelle personne rêverait d'avoir, sauf moi.

Mais pour l'instant je suis Bill, alors pas de questions. Je me contente de sourire à ces demoiselles, parlant avec mes amis de choses et d'autres. C'est étrange à quel point cette situation me laisse dans une telle indifférence, ce doit être l'habitude, ce jeu finira bien par s'incruster en moi un jour ou l'autre, je cesserai donc enfin cette comédie, enfin je ne cesserai jamais vraiment, la seule différence c'est que je m'en rendrai plus compte.

L'heure fatidique sonne. En compagnie de mes amis je suis le mouvement, rentrant dans ces bâtiments lugubres pour une partie de ma journée. Encore une fois je me contente de sourire, de prendre les gens de haut et d'affirmer ma supériorité. Personne, jamais, ne doit savoir ce qui se déroule sous cette apparence ou bien ma vie serait détruite, même si ma vie ne me sert à rien, même si je ne suis pas sûr d'en avoir vraiment une, je n'ai pas envie d'être embrouillé dans mon monde. Mon vide à moi, le vide perpétuel que je me suis construit au fil des années, sans que personne ne s'en rende compte. Mon vide, le seul instant où je suis moi en étant personne. Je ne ressemble à rien, je n'ai pas de sentiments, comment en avoir quand on ne connaît rien ni personne, c'est le néant., un calme absolu, apaisant, au fin fond de mon esprit, et alors je ne me pose plus aucune question, je suis juste là, et c'est parfait comme ça.

Plusieurs minutes s'écoulent, et maintenant je peux apercevoir juste devant moi, toutes ces chaises et ces bancs, sur lesquels la moitié des personnes présentes ici vont s'affaler et terminer leur nuit dans les minutes qui suivent. La journée démarre enfin.

Assis à mon banc depuis quelques minutes déjà, je somnole à moitié, n'écoutant que d'une oreille, se que les gens sont entrain de me dire. Ne me laisseront-ils jamais en paix une seule seconde? Pourquoi ont-ils toujours ce besoin de me parler, comme si ça allait changer leur vie? Ne connaissent-ils pas le silence, la solitude et le fait de laisser les gens tranquilles? Ils ne sont même pas capable de se rendre compte que leur vie ou quoi que se soit d'autre sortant de leur bouche ne m'intéresse pas.


[...]


Les secondes, les minutes ainsi que les heures défilent. La journée se termine. Les autres veulent qu'on aille se faire un ciné. En ce qui me concerne je préfèrerais rentrer chez moi, mais bon. Je suis Bill, ne l'oublions pas. J'accepte et nous commençons à sortir. Dans les couloirs de l'écoles, on déconne, parle de cette journée, des potins, des profs, des rumeurs. Un peu de tout, ce que n'importe quel adolescent ferait en temps normal. C'est alors que...


[...]


POV Tom:

Encore une fois je sens mon estomac se retourner et tout mon repas se retrouver à nouveau dans les toilettes de l'école. L'odeur du vomi me remonte jusqu'au nez et je repars une nouvelle fois dans ma régurgitation. Je me dégoûte. Je suis sale, je suis nul, je suis laid, je suis con, je fais pitié et je ne mérite pas de vivre. Mais je suis trop lâche pour partir moi-même de ce monde.

Je crache encore une fois le sang qui dégouline de ma bouche et puis je m'essuie les lèvres avec le papier de toilette. Je tire la chasse, l'eau emportant l'objet de ma honte avec elle.

Je sors et vais me mettre en face du miroir, je ne me regarde pas, mon reflet me donne la nausée. Je suis tellement abjecte avec moi-même mais tout cela est tellement vrai. J'ouvre le robinet et me rince la bouche. L'eau coule un peu jusque dans mon cou mais je ne m'en préoccupe pas plus que ça. De toute manière qu'est-ce que ça peut bien faire.

Avant de sortir de cette pièce je remets la capuche de mon sweet sur ma tête, je suis fin prêt à affronter le monde. J'ouvre la porte et directement je me fais emporter par la masse d'élèves qui sortent précipitamment des cours.

Quatre heures à sonné, tout le monde s'échappe de cet enfer. Certains iront chez leur potes, d'autres iront manger un bout, ou tant d'autres choses encore. Moi j'avance, rentrant chez moi, doucement, discrètement, je ne veux pas qu'on me regarde, de toute façon personne ne me voit jamais. Alors que je continue lentement mon avancée, je me sens soudain poussé et propulsé par terre, quelqu'un me tombant dessus. Je ne comprend pas ce qu'il se passe mais je me sens écrasé. La personne au dessus de moi se met debout et me tend la main pour m'aider à me relever.

-Matt putain....Désolé c'est mon pote qui m'a poussé, ça va t'as rien de cassé?
-...


Je ne répond pas et commence à ramasser mes affaires éparpillées dans tout le couloir. Je n'ai pas l'habitude de parler. À vrai dire je ne parle quasiment jamais, je n'aime pas ma voix, et tout ce que je dis ne sert à rien alors je ne vois pas pourquoi je le ferais.

Je suis toujours à terre, assis entrain de ramasser mes cours quand je me rend compte que cette personne m'aide gentiment à tout rassembler.
Il me tend mes livres.

-Vraiment je m'excuse, je te jure que c'était pas voulu...
-...


Je sais très bien qu'il ne l'a pas fait exprès. Il vient de me dire que c'est son pote qui l'a poussé. Je ne parle peut-être pas beaucoup mais je ne suis pas sourd. D'ailleurs sa voix me dit vaguement quelque chose mais je n'arrive pas à me souvenir. Je sens bien qu'il est désolé et je pense qu'il ne partira pas tant que je ne lui aurai pas répondu.

-C'est rien...je murmure.

Je l'ai dit tellement bas que je ne suis même pas sûr qu'il ait pu m'entendre mais peu importe je lui ai répondu, c'est l'essentiel. Je lève la tête doucement, juste assez pour distinguer son visage sans qu'il ne voie le mien. Je ne voudrais pas lui infliger cette vision d'horreur. Et là, qui j'aperçois, Bill, Le célèbre Bill Kaulitz. Le gars que toutes les filles désirent, que tous les mecs admirent et que tous les gays veulent se faire. Quelle n'est pas ma veine. Mais bon il est plus sympa que ce que je m'imaginais. Ce gars m'intrigue, depuis que je suis arrivé ici je l'ai toujours trouvé étrange, il y a quelque chose dans son regard, comme une sorte de tristesse enfuie depuis de longues années. C'est bien la seule choses que je sais faire, repérer les gens dans mon cas, les gens malheureux, qui sous bien des apparences se cachent des autres. Je me souviendrai toujours du premier jour où je l'ai vu.

Pour la première fois dans ma minable petite existence pendant quelques minutes je n'ai pas pensé au fait que je devais sans doute être la plus grosse merde de la société mais à la beauté de ce garçon qui venait de franchir le portail. Tous les regards étaient braqués sur lui, et il affichait un petit sourire. Mais moi j'avais déjà découvert cette tristesse encrée en lui. Il n'a mis que quelques heures pour se faire connaître de toute l'école, et seulement quelques unes de plus pour être potes avec tous les gars géniaux de cet établissement et devenir le gars adulé de tous. En un jour sa réputation était faite. Ma pensée s'est brisée et j'ai continué mon chemin vers les enfers.
C'est étrange de lui parler. On ne m'adresse jamais la parole alors en plus si c'est lui.

-Ok. Ben encore désolé malgré tout, j'espère que je t'ai pas fait trop mal.
-Non.


Toujours ce même murmure inaudible mais qu'il perçoit tout de même alors c'est bon. Il doit sans doute croire qu'il m'intimide où qu'il me fait peur. C'est vrai que beaucoup de gens n'osent pas lui parler, simplement parce qu'il est ce qu'il est. Mais moi je m'en fous, Bill Kaulitz ou pas ça revient au même. Ça n'est pas parce que toute l'école le connaît que je devrais avoir peur de lui, ça n'est pas une raison suffisante.

Le croyant parti je me relève lentement, m'appuyant au mur pour ne pas tomber. Je suis maigre, beaucoup trop maigre, ma mère me le rappelle assez souvent pour que je ne l'oublie pas. Alors à la moindre chute j'encaisse en silence mais mon corps souffre. Mes os sont bien trop fragiles et ne me portent guère. Je finirai bien par me casser quelque chose un jour ou l'autre, ça ne saurait tarder. Je vais encore avoir d'énormes bleus sur tout le corps, enfin de toute façon un de plus un de moins qu'est-ce que cela va changer. Je ne peux tout de même pas empêcher un gémissement de douleur de sortir de ma bouche. Si faible soit-il, il est là quand même. Une fois complètement redressé tout se met à tourner autour de moi et je suis obligé de me rattraper au mur pour ne pas tomber. J'ai dût vomir un peu trop aujourd'hui.

-Hey ça ne va pas?

Je le croyais pourtant parti lui. Mais apparemment non.

-Si, très bien.

Mon éternel murmure. Il se rapproche de moi sans que je ne puisse rien faire et m'entoure la taille de sa main, plaçant mon bras au dessus de ses épaules. Il veut commencer à marcher mais je l'en empêche. Je ne bouge pas, je ne sais pas exactement ce qu'il veut faire mais il est trop proche, beaucoup trop proche de moi. En cet instant c'est la panique totale dans mon cerveau. Mais que me veut-il donc bon- sang?

-Mais oui c'est ça. Je t'ai entendu tu sais, quand tu t'es relevé et puis on ne s'accroche pas au mur quand tout va bien alors je t'emmène à l'infirmerie.

Voyant que je n'avance pas, il me regarde et m'interroge.

-Qu'est-ce que tu fous? Pourquoi t'avances pas?
-Je vais très bien merci, je peux me débrouiller tout seul alors lâche moi s'il te plait.


Ma voix était basse mais claire. Je ne veux pas aller à l'infirmerie. Pour qu'on me dise encore que je suis trop maigre, pour qu'on voie toutes ces marques sur mon corps, pour qu'on voie mon visage si horrible, mon corps si laid, pour qu'on se rende compte de l'erreur de la nature que je suis. Non merci. Je préfère me débrouiller seul, je n'ai pas besoin d'aide. Je veux seulement qu'il me lâche une bonne fois pour toute et qu'il me laisse tranquille. Pas qu'il soit méchant ou quoi que se soit mais je n'aime pas qu'on me touche, je n'aime pas qu'on me parle, et je ne veux pas qu'on m'aide.

Il s'arrête et se tait pendant quelques minutes puis finalement il s'en va me laissant seul.

Il me faut juste le temps de retrouver mes esprits et ensuite je me remets en marche, doucement, tout mon corps me tiraillant. Sincèrement même si j'avais voulu je n'aurais pas pu aller à l'infirmerie. Il faut se rendre à l'évidence je vais mettre trois heures pour rentrer.


[...]


POV Bill:

Toute la semaine je l'ai observé. Ce garçon, je ne connais même pas son nom, je ne sais même pas à quoi il ressemble, toujours caché sous son sweet. Mais je ne peux m'en empêcher, il y a quelque chose qui m'attire chez lui, on dirait presque qu'il voudrait disparaître tant il est discret. C'est dire jusqu'à l'autre jour je ne l'avais jamais remarqué alors que depuis le début de l'année il est avec moi, dans ma classe. Peut-être que je devrais faire plus attention aux gens qui m'entourent et décentrer le monde de sur ma personne. En réalité je suis habitué à ce que tout le monde me connaisse, mais je me rend compte que je ne pourrais pas citer le prénom des trois quart des personnes de cette école.

Je n'aime pas les gens, je ne supporte pas les gens. Ils ne m'intéressent pas, ne me servent à rien, je ne vois pas pourquoi, en aucun cas, je devrais y faire attention. Tout tourne autour de moi et de mon confort intérieur, et les inclure dedans viendrait à détruire toutes les barrières que je me suis construit jusqu'à présent. Mais lui m'intrigue. Il me perturbe alors qu'en temps normal je n'y aurais même pas pensé. Le son de sa voix continue de résonner jusqu'au fin fond de mon être, cette voix si frêle, si douce, me hante jusque dans mon monde. Avec une simple phrase il a réussi à perturber mon apaisement intérieur. Je ne comprend pas...


[...]


Nous sommes en cours de français. Depuis près d'une demi heure, notre professeur endort toute la classe avec ses explications barbantes sur ce qu'était l'Humanisme et la Pléiade à l'époque de la Renaissance, comme quoi L'Homme avait enfin pris confiance en l'homme qu'il était...

Moi je sens juste mes yeux se fermer tout seul sous la fatigue. De plus elle possède la voix typique des profs endormants, un ton morne, non changeant, c'est comme une sorte d'hypnose, c'est extrêmement dur de résister. Même les plus motivés ne tiennent pas plus d'un quart d'heure. Et après elle s'étonne que tout le monde est pété à son cours.

Vieille folle, j'en viens même parfois à espérer qu'elle crève en tombant dans les escaliers. Une de plus, une de moins, on y verrait même pas la différence.


[...]


La sonnerie retentit dans chaque pièce de l'établissement. La fin des cours est finalement arrivée, je suis toujours en vie et ma prof de français n'est pas tombée dans les escaliers.

Rapidement je range mes affaires et sors de cette classe, je me dirige alors vers mon casier, voulant récupérer mes cours du lendemain et partir d'ici au plus vite. J'introduits ma clé dans la serrure, que je tourne doucement pour éviter d'arracher la porte en même temps. Il faut dire que ces casiers doivent bien dater d'au moins l'antiquité, alors il est assez fréquent qu'une porte ou l'autre, se fasse la malle de temps en temps...

Je commence à prendre mes cahiers un à un, les entassant au fur et à mesure dans mes bras. Cette semaine les profs ont dût se passer le mot, je n'en sais rien, mais nous sommes totalement submergés de travaux en tous genres, pour tous les cours. Je ne savais pas les enseignants aussi sadiques de nos jours. Quoi qu'il en soit, je continue mon empilement, maugréant à qui veut l'entendre mon mécontentement envers la scolarité obligatoire, et ses éducateurs ho combien ignobles, les méprisant, insultant, chacun à leur tour. Quand tout à coup, mon attention fût portée sur un bout de papier tombant au sol.

A première vue, il ne me disait absolument rien. Je me baissais donc, déposant par la suite mes cours au sol afin de m'emparer de ce que je pouvais à présent distinguer comme étant une petite enveloppe.

Il n'y avait rien dessus, si ce n'est mon prénom, dans une délicate écriture, légèrement penchée. Curieux de nature, je l'ouvris rapidement, sans précautions, déchirant le papier sans aucune délicatesse. M'apparaissent alors sur un bout de feuille, quelques simples lignes, de cette même écriture...

« Mon petit Prince...

Tu dois sans doute te demander qu'est-ce que?
Pourquoi cette lettre?
Et qui te l'écrit?
Je ne répondrai à aucunes de ces questions pour le moment. A cet instant je ne peux te dire qu'une seule chose...tu emprisonnes mon esprit.

J'ai longuement hésité avant de t'envoyer ceci. Cela m'a d'abord semblé inutile dans un premier temps. Qu'est-ce que ça aurait bien pu changer dans ma petite existence, ou dans la tienne d'ailleurs? A première vue, rien.

Je le sentais en moi, de plus en plus fortement, qui prenait possession de mon être, s'emparait de mon c½ur, jusqu'à s'infiltrer au plus profond de mon âme et il fallait que je t'en parle, te le dise. C'est presque devenu vital, il m'était alors impensable de garder tout cela pour moi.

C'est arrivé tellement rapidement, si soudainement qu'au départ je n'ai même pas compris. Et plus les jours défilaient, plus je me rendais compte de ce qu'il se passait.
Si je ne comprenais pas au début, c'est tout simplement parce que j'avais peur de l'admettre. Mais maintenant je le sais.

Je pense à toi, certainement un peu trop souvent, tu fais partie de chacune de mes nuits, je sens encore ton regard se poser sur moi, et cette odeur qui t'accompagne...Mon esprit est obnubilé par toi, j'ai bien essayé de m'en défaire, mais les échecs se succédant j'ai fini par accepter et me laisser emporter par ce doux sentiment...

Il est certainement temps pour moi maintenant de te laisser...

Je t'embrasse.
Signé; Your Angel Dust»



Le temps passe et je suis toujours là, lettre à la main, au milieu du couloir. Les gens doivent sans doute se demander pourquoi mais je m'en fous. Je suis, je ne sais pas, peut-être un peu choqué, perturbé par tout cela. D'étranges choses se déroulent en moi en ce moment ainsi que de nombreuses questions, malheureusement sans réponses.

Je fini par reprendre contenance, me saisi de mes livres posés à terre, le reste de mes affaires et me remets en marche, voulant au plus vite rentrer chez moi.


[...]


POV Tom:

J'attends mon train, assis sur un des sièges du quai de la gare. Cette petite gare perdue, d'une petite ville paumée, où se situe la seule école de toute la région.
Le froid engourdi tous mes membres et malgré mon sweet, je grelotte. Quelques flocons de neige continuent de tomber, ils n'ont cessé depuis ce matin, recouvrant ce paysages sinistre d'une épaisse couche blanche opaque. A perte de vue devant moi s'étendent collines et clôtures, arbres dégarnis, devenus blancs au fil du temps et un ciel gris, froid, triste...Obscurcis de quelques flocons emprisonnés par mes cils, tel un insecte pris dans une toile d'araignée, incapable de s'en dépêtrer.

Depuis la semaine passée je passe mon temps à le regarder. J'observe le moindre de ses gestes, le suit telle une ombre, au recoin d'un couloir, du trottoir d'en face. C'est devenu pire que tout, pire qu'avant, pire que mon propre enfer, duquel je n'arrive à me sortir. Je ne cesse de penser à lui. Et chaque jour j'attend, à la même place, à la même heure, assis sur ce siège. Je l'attend.

Nous prenons le même train, et il s'assied toujours à la même place, 2ème classe, premier wagon, premier siège à gauche après la porte du compartiment, et je m'assieds toujours au bout de ce même wagon, le bouffant du regard tendrement, sans qu'il ne s'aperçoive jamais de rien.

Nous faisons un bout de chemin ensemble, dans mes rêves, et puis je le vois disparaître un arrêt avant le mien, descendre du train, marcher lentement un sourire aux lèvres, comme apaisé, libéré d'un cauchemar enfin terminé, ses cheveux se balançant doucement devant son visage angélique. Puis le contrôleur siffle un coup et le train redémarre, son image ne devenant qu'un point parmi tous ceux du paysage qui devient flou...
Cette obsession finira par me tuer plus que ma propre destruction.

Il n'est pas là aujourd'hui. Il était pourtant sorti plus vite que moi de ce cours, mais apparemment il a dut être retenu par quelque chose entre temps. « Sourire » Le train rentre en gare et il n'est toujours pas arrivé.

Aujourd'hui je suis monté dans le second wagon.


[ellipse des quelques jours...]


POV Bill:

Nous sommes samedi, la semaine est terminée, une semaine éprouvante...

J'ai décidé de prendre des distances avec tout ça. C'est pourquoi je suis ici, chez une amie de ma mère. Je ne lui parle pas, elle non plus, ma génitrice lui a seulement demandé de me prendre en charge ce week-end, soi-disant je refaisais une crise et que ça me ferait du bien de voir un autre environnement, à ce qu'elle a dit. Je n'ai jamais compris ce qu'elle entendait par « crise », je n'ai jamais compris ma mère, je n'ai jamais voulu d'une mère, je n'en ai donc pas à mes yeux.

Ana, puisque c'est ainsi qu'elle se prénomme, habite une petite maison près de la mer, dans un tout petit village, où ne vivent que des personnes d'un certain âge, ce qui n'est pas pour me déplaire. Au moins ici personne ne viendra m'embêter. Je supporte de moins en moins cette proximité avec les gens. J'ai besoin d'espace, de solitude, de calme, de vide. Je suis antipathique à tout ce qui m'entoure. Souvent, je voudrais m'endormir et ne plus jamais me réveiller et ainsi pouvoir rester dans mon monde éternellement. Mais il est des choses impossible à avoir, je sais que mon désir le plus cher me restera inaccessible jusqu'à ma mort, peut-être plus proche que je ne l'imagine.

Je ne suis pas resté longtemps dans cette maison, seulement le temps de poser mes affaires et j'étais déjà parti pour la mer.
Maintenant je suis ici, sur le bord de cette falaise, tellement à l'extrémité qu'il me suffirais d'un seul pas pour tomber. L'océan s'étend à perte de vue sous mes yeux.

Je suis sans doute habillé un peu trop froidement pour cette période de l'année, un simple T-shirt. J'ai la chair de poule, les lèvres et les mains bleues. Mais qu'importe, je ne sens rien de toute façon.
Mes cheveux brouillent ma vision, mais je ne fais rien pour les empêcher.
Des larmes dévalent mes joues en torrent, continuent leur course le long de mon cou et s'évanouissent à la lisière de mon col.

Je pleure. Il me semble que cela fait une éternité que je ne l'avais fait. Et ces perles d'eau coulent, coulent, ne veulent plus s'arrêter. Le barrage à cédé.
Mais je suis tellement perdu, je ne comprend plus rien, il y a tant de choses qui se forment en moi, tout est si nouveau et tout va si vite. Il m'est impossible de gérer tout cela en si peu de temps. Et cela m'affole d'avoir perdu le contrôle de moi-même à ce point.

J'ai l'impression de sentir le monde se former en moi, comme une effervescence des sens. Toutes mes barrières s'affaissent, tout ce que j'avais construit s'effondre, et les seules survivantes subissent les assauts de tous ces sentiments m'envahissant tel un ouragan. Mon corps ne veut plus obéir à mon esprit, et ce dernier est tant assailli, embrouillé qu'il n'y comprend plus rien, et ne résiste plus à rien ni personne. Je ne veux plus voir personne, j'ai tellement peur des gens, maintenant qu'il font partie de moi. C'est totalement effrayant comme si je venais de me réveiller d'un long coma et que je prenais enfin compte du monde qui m'entoure et des personnes qui le peuple, de leurs sentiments, leur jugement, leur opinion, leurs tracas, leur famille, leur amour, les gens qui compte pour eux, leurs pensées,...tout, absolument tout.

Un bouleversement total qui s'opère en moi.

On me charcute au couteau, me déchire le c½ur, mes poumons se compressent dans ma poitrine, j'étouffe, je tombe au sol, à genoux, mes mains amortissant ma chute.
Mon estomac se retourne dans tous les sens, j'ai envie de vomir mes tripes, mais rien ne sort, mon ventre se contracte et je souffre.
Je prend conscience, tout m'est envoyé en pleine face.
Tant d'informations que mon c½ur comprend et que j'essaye d'ignorer mais ma raison l'emporte sur tout et m'en empêche.

Je finis par rentrer, le froid me glaçant totalement.

Une fois arrivé, je ne lançai même pas un regard à Ana, continuant mon chemin directement jusqu'à ma chambre, m'y enfermant.
Allongé sur mon lit je réfléchi à tout se qu'il s'est déroulé depuis quelques semaines...

Depuis que j'ai reçu cette lettre, j'y pense tous les jours. Elle m'a tellement perturbé. Et à ça s'ajoute ce garçon, dont je ne connais toujours pas le prénom, qui ne cesse plus de hanter mon esprit à longueur de journée. J'entend sa voix, si frêle, si douce, qui trottine dans chaque recoin de ma tête. Je revois ces longues et fines mains, sortant à peine de ses manches, ramassant tous ses cours éparpillés au sol. Je me remémore tous les instants où je n'ai pu empêcher mon regard de se poser sur lui, le long de son dos, me revoyant entrain d'admirer encore et toujours ces mains auxquelles je suis devenu accro.

Tellement étrange, prendre en compte quelqu'un dans mon petit univers chaux et douillet, le transporter avec moi dans mes rêves, ne cesser de penser à lui, alors que je ne le connais même pas, que je ne l'avais jamais fait au paravent avec personne, et que je ne comptais pas le faire d'ailleurs.

Je n'y comprend vraiment plus rien.


[ ellipse lundi ]


POV Tom:

Nous sommes lundi matin, comme tous les jours il fait gris et il neige mais aujourd'hui plus que d'habitude. Je n'ai plus vu le soleil depuis plusieurs semaines, toujours ce gris lancinant et triste, comme moi en ce moment.

J'arrive devant les portes de l'école. Bienvenue en Enfer.

Capuchon sur la tête, les épaules rentrées, mes écouteurs vissés aux oreilles, je rentre dans ce bâtiment lugubre aux allures de prison. Comme chaque jour je jette un coup d'½il aux valves du premier étage. Et c'est une petite affiche, haute en couleur qui attire mon attention, je m'approche donc quelque peu pour lire.



« Cher(e ) étudiant(e ),

Comme chaque année, à l'approche des vacances de noël, sera organisé un spectacle de fin de trimestre, auquel pourront participer chaque élève le souhaitant, dans toutes les catégories voulues.
- Danse
- Chant
- Musique
- Théâtre
- Humour...

Seront présents sur scènes le groupe Amosis, et la troupe de danse de l'école supérieure Emile Ticelin.

Le spectacle comportera deux dates; le samedi 15 et le dimanche 16 décembre.
Ticket; 5 ¤ tarif étudiant / 12 ¤ adulte / 3 ¤ enfant

Chaque élève désirant participer au spectacle, prière de s'inscrire au plus vite.
Pour plus d'information, demander au secrétariat

Bien à vous, la direction. »




Je continue ma route, des idées plein la tête...

Aujourd'hui je commence ma journée de torture par deux heures de physique intensives, de quoi donner des envies de suicide à n'importe quel épicurien.
Je monte la deuxième volée d'escalier doucement, le souffle rapide vers la fin. Mais quelle idée aussi de mettre autant de marches pour accéder à un calvaire pareil, déjà que ça n'est pas spécialement réjouissant d'assister au cours alors en plus si tous les matins on nous épuise de la sorte, il y a de quoi avoir envie de ne pas venir en cours ou alors d'y aller et de s'y endormir, au choix.

Arrivé dans ma classe, je m'installe au fond comme j'en ai l'habitude.
Seul.

A travers la vitre, je regarde la neige qui a recommencé à tomber. Deux oiseaux sont collés l'un à l'autre sur le rebord de la fenêtre, se câlinant doucement.
Comme j'aimerais parfois n'être réduit qu'à un vulgaire animal, ça aurait au moins le mérite de calmer mon esprit, qui me semble-t-il, travaille un peu trop en ce moment. Beaucoup trop de pensées confuses, je sais ce que je désire mais je ne sais comment l'obtenir. Mais tout n'est qu'une question de technique aurait dit mon grand-père. Pour lui tout n'était qu'en réalité une histoire mathématique, tout pouvais se régler selon un procédé simple et bien défini. La plupart du temps je me dit qu'il était complètement hors du monde, ou qu'il n'a rien dû vivre de bien passionnant.

Les autres élèves arrivent petit à petit, personne ne fait attention à moi et c'est tant mieux.
Et puis le cours commence mais il n'est pas là.







# Posted on Wednesday, 29 October 2008 at 4:14 PM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 8:34 PM

Say Goodbye...My Angel Dust 2

Say Goodbye...My Angel Dust 2
Encore désolée de tout le retard, en espérant que vous allez apprécier...Ma tite Cla, celui-ci est pour toi<3


Chapitre II - I'll Will Be Comeback


Les heures défilent, le temps passe mais rien ne change. La sonnerie retenti. Je ramasse mes affaires, les ranges dans mon sac, je sors dans le couloir pour rejoindre ma prochaine salle de cours, je rentre dans celle-ci, sans un regard pour les autres et sort à nouveau mon bloc de feuilles ainsi qu'un bic. Les aiguilles tournent lentement, j'ai l'impression de stagner dans le temps. Le professeur parle, une rivière de mots sort de sa bouche, mais rien n'atteint mon cerveau, j'ai beau me concentrer, rien n'y fait, la seconde d'après je suis à nouveau distrait.

Toute ma journée se déroule ainsi. Je reste cloîtré sur mon petit nuage, ...nuage blanc, nuage gris.
Il neige toujours.
Dix heures passe, puis vient le temps de midi, et enfin trois heures sonne.

Je quitte l'Enfer pour retrouver Lucifer au fin fond des ténèbres.

Sur le chemin du retour je pense à lui, peut-être ne voulais-je pas me l'avouer, mais je suis sans aucun doute inquiet pour lui. Pourquoi cette absence ? Lui est-il arrivé quelque chose ?
Ne pas y penser serait sûrement le mieux à faire. De toute manière, dans quelques heures ce ne sera plus le cas, bien d'autres choses occuperont mes pensées. Malheureusement.

Les flocons se font plus gros, le bruit de mes pas s'estompe dans la couche de neige de plus en plus épaisse qui recouvre le sol. Le soleil se couche déjà, on peut ressentir cette mélancolie d'hiver qui traîne dans l'air. Mon souffle se fait cour, j'accélère ma marche. Ne pas rater mon train.

Des lignes blanches défilent sous mes yeux. Assis à ma place habituelle je le cherche du regard même si je sais pertinemment bien qu'il n'est pas là. Mais je le fais tellement souvent que je ne sais plus m'en détacher, ce petit tic s'est emparé de moi il y a bien longtemps déjà.
Les paysages à travers la vitre se font flous, des tracés sans fin, un dégradé de blanc, de gris. Les couleurs du moment.
Des gens entrent et sortent, les arrêts se succèdent, et moi j'attend, je rêve, perché du haut de mon petit lit de coton. Le contrôleur arrive et repart. On me parle mais je n'entend pas.
La musique m'emporte, j'ai sommeil mais je reste éveillé. Ne pas rater mon arrêt.


[...]


Le train s'arrête,je descend. L'heure fatidique a sonné,tout dépendra de son humeur maintenant. Je marche lentement, regardant les wagons s'éloigner petit à petit pour finalement disparaître de ma vue.

Tout le long du trajet je fais le décompte de mes pas, une façon d'entraîner mon esprit à se refermer sur lui-même, l'empêcher de penser à quoi que se soit, c'est la meilleure chose que je puisse faire dans mon cas. Parfois il me semble que le temps passe si vite, c'est toujours ainsi, les aiguilles filent aux moments où l'on voudrait que notre existence se stoppe, s'arrête sur pause.

Ma porte se dresse devant moi à présent, de toute sa grandeur, avec toutes ses horreurs qui m'attendent derrière, je les sens déjà d'ici, frémissantes, grouillantes, prêtes à me sauter dessus dès mon entrée.
J'avance tel un escargot, ne pressant absolument pas le pas, espérant que tout se déroule pour le mieux. Je devrais y être habitué depuis le temps mais finalement pas tant que ça. Il est des choses que l'on ne peut ignorer et qui nous poursuivent toute une vie. Je crois que cette appréhension ne me quittera définitivement jamais.

J'introduis ma clé dans la serrure, le coeur battant à cent à l'heure, tout mes sens en éveil, au cas où....A partir de maintenant je suis muet. Muet, sourd et aveugle,. Espérons que...

Dans l'entrée j'enlève mes baskets, sans bruit. J'avance à ta ton jusqu'au salon, une fois arrivé, je glisse ma main le long du mur, cherchant l'interrupteur, je me demande depuis combien de temps les volets n'ont été ouverts, de toute façon il n'est certainement pas question, ni envisageable de le faire. Je jette un coup d'oeil rapide à la pièce, comme d'habitude rien n'a changé.

Ma famille entière repose sur papier glacé, tout le long de la commode, dans de vieux cadres poussiéreux, qui mériteraient bien un petit coup de nettoyage. La lumière du lustre crépite, donnant à cette pièce une atmosphère étrange, tamisée, tel une ancienne photo ayant fait son temps.
L'atmosphère lourde qui pèse ici me donne la chair de poule. Je sens mon c½ur qui tambourine, je me sens mal. J'ai des sueurs froides tout le long de mon échine.
Tous ces visages, ça fait bien longtemps maintenant, mais j'ai toujours cette impression d'être observé, jugé, par tous ces gens que je n'ai même pas connu. J'éteints la lumière.

Un silence de mort règne, rien ne bouge, comme si tout était figé, pétrifié de peur, de froid. Dehors il neige, chez moi aussi. Je grelotte. Je déteste cette maison. Mon Enfer Glacial.

Je monte dans ma chambre, tel une ombre, volant quelques centimètres au dessus du sol. Dans le couloir il fait sombre, je ne me repère que grâce au filet de lumière qui filtre du dessous de ma porte. J'y rentre, une pièce vide, blanche, comme mon c½ur...depuis qu'il est décédé.


Papa est mort, maman est partie.


Dans un monde imaginaire, un univers alternatif qu'elle s'est créé, dont elle ne sort pratiquement jamais. Sauf certains jours où un éclair de lucidité la traverse et la ramène à mes côtés.
Si seulement elle pouvait s'y enfermer à vie. J'aimerais tant qu'elle en crève, mais ça n'est pas prévu pour l'instant.
Sans doute accomplirai-je un jour ce à quoi je rêve tant.

Tuer ma propre mère.

Dans ces moments de réveil, je l'entend hurler. Elle crie comme si ça vie en dépendait. Elle dit des choses horribles, des choses qui me donne envie de l'égorger. Mais je n'en ai pas la force, je ne pourrais tout simplement pas, trop faible, trop lâche...
Et que ferais-je ensuite?

Elle dit des choses qui me font tellement mal, elle est si immonde avec moi. Et pourtant elle est dans sa chambre, toute la journée, je ne devrais pas l'entendre. Mais elle hurle si fort...
Et je ne peux rien faire, et ça me détruit, si seulement tout cela pouvait s'arrêter...

Et elle me frappe. Si fort, tellement fort.
Trop, beaucoup trop souvent.
Et je ne dis rien. Je ne fais rien.
Trop faible, trop lâche...



Maman est morte, cette femme n'est plus ma mère.


[ellipse de quelques jours]


POV Bill:

Je suis resté chez Ana quelques jours de plus. Pour réfléchir, m'éloigner un peu de tout cela. Il était encore trop tôt pour revenir. C'était encore trop frais, trop vif au fond de moi pour que tout redevienne à la normale aussi rapidement.
Des changements s'opèrent en moi mais tout reste flou, rien n'est logique, j'ai du mal à comprendre.
Je ne veux pas comprendre, cela serait trop difficile à admettre.

Ce matin j'ai reçu une nouvelle lettre, toujours cette écriture délicate et soignée, il s'agit donc de la même personne. Je n'ai pas encore eu le temps de la lire, assailli de tous côté depuis ma rentrée. Tout le monde désire savoir où j'étais passé, connaître le pourquoi de mon absence. Ces gens m'étouffent, m'oppressent, je n'en peux plus. J'ai de plus en plus de mal à jouer ce rôle. J'aimerais tellement parfois tous les tuer, leur hurler dessus, leur dire de me laisser tranquille. Je voudrais tant en finir mais je ne peux pas, il ne doivent pas savoir, ils ne comprendraient pas.
Ils s'inviteraient dans ma tête, croyant tout décrypter. Ils m'analyseraient , me questionneraient. Ils ne me laisseraient plus jamais seul, en paix. Et je ne pourrais rien faire contre eux,ma vie serait fichue, le but de mon existence ruiné. On m'enverrait sûrement dans un asile ou une prison, je n'en sortirais jamais. Je ne pourrais plus mettre fin à mes jours, on m'empêcherait même de cela.
Et je ne veux surtout pas, je crois que j'en deviendrais réellement fou, ou peut-être seulement un peu plus que je ne le suis déjà...

Les secondes se font longues, je m'assoupis un instant. A mon réveil c'est comme si une seule minute n'était même pas passée. J'en ai marre, je dois sortir de cette classe, maintenant.
L'enveloppe dans ma poche, c'est comme si cette dernière m'appelait. Elle me brûle la peau. Je meurs d'envie de la lire. Malgré tout ce que cela va à nouveau entraîner, sûrement encore plus de questionnement, je ne peux m'empêcher de le vouloir à tout prix.

Je me lève brusquement, attirant ainsi tout les regards sur moi, mais si vous saviez à quel point je m'en fiche. Le professeur interrompt son cours, ma demandant ce qu'il se passe. Je ne lui réponds pas et commence à avancer vers la sortie. Sa réaction ne se fait pas attendre, m'ordonnant de me rassoire immédiatement, ce que bien entendu je ne fais pas. Je l'entends s'égosiller à tout bout de champs mais je n'y prête pas plus attention que ça, il faut que je lise cette lettre et c'est-ce que je vais faire. Peu importe ce qui s'en suivra.

Je claque la porte derrière moi, coupant ainsi le volume sonore de sa voix criarde, m'ordonnant de revenir immédiatement. Mais tout le monde sait bien depuis le temps qu'on ne court pas après Bill Kaulitz, sous pêne de représailles. Alors je reste là et écoute sa voix se tarir et mourir à petit feu pour finir par devenir totalement silencieux. Quelques minutes plus tard il reprend son cours, comme si rien ne c'était passé et je m'en vais.

Je marche dans les couloirs vides de mon école. Mais je ne tiens pas longtemps commençant à accélérer mes pas, me précipitant au plus vite dehors, cherchant un endroit calme et vide pour lire mon bien si précieux.

Je cours, ne m'arrête pas, même une fois l'enceinte de l'école passée. Je continue ma course. Je ferme les yeux une seconde, puis les ré ouvre pour les refermer la seconde suivante. Je sens mon c½ur trembler, battre fortement, de mes tempes jusqu'aux orteils de mes pieds. La sueur qui commence à apparaître dans le creux de ma nuque, mais je continue. Mon souffle s'accélère, la respiration hachée je peine à reprendre de l'air mais rien ne peux me stopper. Comme si j'étais entraîné, tiré par des milliers de gens. Je ne peux plus m'arrêter, je sens mes yeux me piquer, la transpiration s'agglomérer, mon souffle se couper...Et je me sens si bien, si vivant. Il y a longtemps que je ne m'étais plus senti aussi fort.

Des flashs de couleur verts apparaissent alors à mes yeux, et je peux apercevoir le parc de Sylvia se dresser face à moi. Je ralenti ma course pour finir par me stopper totalement.
Tous les moments de bonheur sont éphémères dit-on...
Les platanes, les boulots, et pins me regardent, me scrutent de toute leur grandeur et je me sens protégé, apaisé ainsi entouré. Je m'avance et m'enfonce dans cette verdure épaisse. Je m'assois sur un banc quelques minutes plus tard.

Lorsque je sors le papier de ma poche mes mains tremblent, pas encore totalement remis de mon sprint forcé. Et aussi un peu apeuré à l'idée de ce que je vais encore bien pouvoir découvrir à l'intérieur de cette enveloppe. La patience n'ayant jamais été mon fort, je déchire rapidement le paquet et déplie son contenu.

Je reconnais à nouveau cette écriture si douce, que je connais par c½ur maintenant, à force d'avoir lu, relu infiniment cette lettre qui m'était adressée, la seule qu'on m'ait jamais donnée.



«  Mon petit Prince...

A nouveau mon esprit s'échappe à tes côtés, et je ne peux m'empêcher de t'écrire ceci...

Tu manquais à l'appel il y a quelques jours, je me suis inquiété.

Je n'ai cessé de penser à toi durant ces derniers jours. Que te dire? Comment le faire?
Ces question ne cessent de tourner en boucle dans mon esprit et je n'ai toujours pas de réponse. Je dois t'embrouiller encore plus avec tout cela, excuse moi ce n'étais pas mon intention...

J'ai à la fois tellement de choses à t'avouer, et en même temps il m'est impossible de tout te dire...
J'ai foncé sans réfléchir dans un mur, un barrage d'acier que tu as dressé tout autour de toi. Mais je ne suis pas dupe. J'ai bien compris que sous ce masque se cachait quelqu'un d'autre, de bien différent. Et c'est cette personne dont je suis fou...

Cet autre toi caché à la face du monde...
Cet autre toi qui esquisse à peine un infime sourire lorsqu'on quitte cet Enfer...
Cet autre toi souvent plongé au plus profond de ses pensées...

J'aime te regarder. Si tu savais à quel point je peux le faire, chaque jour. Et il est à chaque fois plus dur pour moi de détourner mon regard de ton si doux visage, de ta bouche si pulpeuse, sucrée, de tes yeux brillants si tristes, de tes cheveux de soie, barrant par fines mèche ton regard...

Je crois que je ne m'en lasserai jamais...

Et je te raconte tout ça, sans savoir pourquoi, peut-être juste qu'après tout ce temps j'avais besoin de t'en parler. Tout t'avouer...J'espère depuis si longtemps, et je te vois si malheureux, et ça me rend complètement dingue...Te voir ainsi m'attriste tant. Je voudrais pouvoir te contempler sourire tout une vie...pouvoir entendre le son de ton rire, les éclats de ta voix, sentir l'effluve de ton parfum, être à tes côtés...Te comprendre enfin, t'emener avec moi...

S'enfuire et ne plus jamais revenir...

Mais cela m'est impossible...pour l'instant...

Smile for me...
Signé; Your Angel Dust »




Mes mains qui avaient arrêté de bouger, recommencent à trembler. Et je sens à nouveau pour la deuxième fois en quelques jours, les larmes couler le long de mes joues creusées. Je ne peux m'empêcher d'être ému. Pourtant il ne s'agit que de mots, des mots d'une personnes inconnue, seulement quelques phrases...
Mes larmes se transforment peu à peu en sanglots, de plus en plus forts et réguliers. Je lève la tête vers le ciel, regardant les nuages avancer doucement portés par le vent. Et je pleure, mais un sourire prend peu à peu place sur mon visage. A nouveau cette sérénité s'empare de moi. Et je laisse mon esprit s'ouvrir au monde. Je laisse s'écrouler toutes mes barrières, laissant libre court à mes émotions.

Je sens l'air frais dans mes cheveux, les flocons recommençant à tomber, s'écraser sur mes paupières closes. J'écoute les bruit des arbres se balançant au gré du vent, je sens l'odeur fruitée de la nature qui m'entoure. Je m'appuie contre le dossier du banc, restant ainsi des heures entières.

Rien à foutre des cours, des gens, tout peut bien attendre pour un instant...







# Posted on Thursday, 12 March 2009 at 6:05 PM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 8:34 PM

Moi, je ne pourrais pas

Moi, je ne pourrais pas




MOI JE NE POURRAIS PAS...



POV Bill;

« boum boum...boum boum...boum boum... »

Le bruit constant des battements de coeur que je peux entendre, mêlés à une respiration haletante, ma tête posée sur un torse dénudé, j'écoute le fonctionnement de la vie.

Je parle à son sujet mais je pourrais en dire autant de moi-même. Je suis essoufflé, transpirant, sans doute un peu poisseux, le pouls à dix mille, les sens complètement brouillés mais je suis bien là, allongé sur lui, nos corps entrelacés. Je me sens complet, satisfait, apaisé, au comble du bonheur, au bord de l'extase. Une descente de la jouissance tout en douceur.

Je viens de faire l'amour à mon frère.
Et comme à chaque fois, ce fut merveilleux.

Je sens le sommeil m'emporter lentement, mes paupières se fermer doucement et m'entraîner vers le pays des songes. Dans un dernier effort j'entrelace nos doigts, et je me sens définitivement partir dans les bras de Morphée.

[ellipse du lendemain matin]

Je me réveille lentement, sortant de mon coma brumeux peuplé de doux rêves. Je papillonne des paupières, mes petits yeux collés par le sommeil, mais je les referme rapidement, agressé par la lumière vive du soleil qui traverse les vitres de ma chambre d'hôtel.

Il me faut encore quelques minutes de plus pour émerger totalement.

Je regarde autour de moi le décor si unique des hôtels quatre étoiles. C'est en même temps un mélange de splendeur et de rêve, tout ce que l'on désire s'y trouve, et à la fois si impersonnel d'un autre point de vue. Partout c'est la même chose, aucune âme, pas le temps de créer une atmosphère que le client est déjà parti. C'est si triste les hôtels.

Je tends mon bras dans l'espoir d'y trouver mon amour à l'autre bout, mais rien, personne. Depuis le temps je devrais le savoir, mais il est tellement difficile d'y renoncer. J'aurai toujours cet espoir fou, je crois, de l'avoir à mes côtés en me réveillant un jour.

Comme d'habitude il s'est fait la malle.

Alors je consens à me lever, bien que l'envie n'y est plus vraiment et me dirige lentement vers la salle de bain. J'enlève le seul vêtement qu'il me reste et me glisse sous le jet d'eau brûlant.

Ma vue se brouille et je ne sais plus qui, de mes larmes où de l'eau s'écoulant, en est la cause.

[ellipse]

Le bruit caractéristique de l'ascenseur m'indique que je suis arrivé à mon étage, les portes s'ouvrent et automatiquement mon regard se porte sur la plus belle créature de cette pièce.

Attablé avec Georg et Gustav, je le regarde discuter joyeusement, sourire ou rire à une de leur blague pourrie, ses petits yeux en amende se plissant tandis que de petites fossettes se creusent au creux de ses joues.

Je ne peux rien y faire, son sourire entraîne le mien. L'incident de ce matin est vite oublié, comme la fois précédente, celle d'avant, et toutes les autres...

Je m'avance jusqu'à eux rayonnant, repensant à notre nuit passée et mon sourire ne fait que s'amplifier à l'entente de sa voix. Bon dieu qu'il arrive à me rendre niais et le pire c'est qu'il ne fait strictement rien pour.

Il est à moi, mon amoureux, rien qu'à moi. Je ne cesse de me répéter cela, mon cerveau doit sans doute être rayé à cet endroit là. Je suis pourtant assis depuis plusieurs minutes déjà, je suis même certain qu'on me parle, mais rien n'arrive à bon port, ça rentre par une oreille et ressort par l'autre. Mon regard est bloqué sur lui.

Ma tête négligemment posé sur ma main, je l'observe les yeux brillants. Je le regarde rire, ce doux son étant le seul à passer mes barrières auditives, sourire, parler ou plutôt j'observe ses lèvres pulpeuses bouger lentement, au ralenti, comme si on en aurait diminué la vitesse. Je regarde; cette moue boudeuse qu'il fait quand quelque chose le contrarie, sa langue qui joue avec son piercing et cet air joueur, dragueur qui l'accompagne, ses mains, ses si divines et délicieuses mains qui remettent en place sa casquette, tic qu'il a lorsqu'il est nerveux ou mal à l'aise.

Et ses yeux, de marron noisette à brun chocolat, toutes les teintes s'y mélangent. Ses yeux rieurs, son regard envoûtant, son regard profond... Son regard qui finit par s'ancrer dans le mien pour ne plus s'en détacher.

Et je le vois sourire, mais pas comme les autres fois, celui-ci n'est adressé qu'à moi. Ce sourire si particulier qui m'est uniquement réservé. Parce qu'il aime ça, être dévisagé, des pieds à la tête. Il aime me voir le contempler comme il dit si bien. Ça le rend dingue de voir le pouvoir qu'il a sur moi, l'effet qu'il me fait. Il sent le contrôle prendre possession de son corps et me voit soumis à ses pieds.

Il sait qu'il détient et obtient tout de moi. Comme je sais qu'il en est exactement de même pour lui.

J'aime mon frère jumeau, tel un frère, un ami, mais surtout et avant tout comme un amant.
J'aime mon frère jumeau comme on aimerait l'homme de sa vie, de ses jours, de ses nuits, des ses rêves, de ses folies.

Je suis amoureux de mon frère jumeau.
Depuis bien longtemps déjà...

[...]

Je vois David se diriger vers nous, un grand sourire accroché aux lèvres. Il est vrai qu'hier était une bonne journée, je crois que les quelques tensions entre nous en ce moment se sont enfin dissipées, ça a l'air de remettre tout le monde de bonne humeur à ce que je peux constater.

-Salut les gars... bien dormi? nous demande-t-il en s'asseyant à nos côtés.
-Bonjour David. répondons-nous tous en coeur.
-Je crois que tout le monde s'accordera sur le fait qu'on a tous dormi comme des rois. continue Georg.
-Tout à fait d'accord, je ne me souviens pas avoir dormi aussi longtemps depuis... en fait j'en sais rien ça doit faire des siècles là. déclare mon frère en riant, vite suivit par nous autre.
-Et bien, content que cette grasse matinée vous ait plu, vous l'avez bien méritée après le concert d'hier soir. D'ailleurs je tiens à vous féliciter, vous avez été géniaux, une de vos meilleures prestations sans aucun doute. Clôturer une tournée avec un show pareil, du grand art, vraiment. finit-il en souriant.
-C'est trop d'honneur vraiment ...recommence Tom avec ce petit air supérieur qu'il sait si bien faire... mais j'avoue avoir frôler la perfection, alors forcément c'est normal que ça t'ait paru si exceptionnel... haaaa que deviendrait le groupe sans moi...

Nous sourions tous gentiment, Tom sans sa vanité à deux balle ne serait plus notre Tom. Après cela, David reprend calmement.

-Bon par contre pour ce qui est des vacances, je vais encore devoir vous ennuyer avec vos obligations une journée... on rouspète tous plus pour la forme qu'autre chose...
-Après c'est champs libre durant deux semaines, vous ferez absolument ce que vous voudrez... cette phrase est accueillie avec un grand enthousiasme de notre part...
-Mais aujourd'hui reprend-t-il, on a encore deux, trois interviews à tenir et un photoshoot pour un grand magasine américain, désolé pour vous les gars mais c'est Tom et toi qui vous y collerez, annonce-t-il en s'adressant à moi... récoltant un grognement de notre part, sous le rire des deux autres... s'en suivent protestations et un Tom prônant l'injustice dont on fait part, ne faisant que rire encore plus les deux acolytes qui nous servent accessoirement d'amis... David balaye toutes nos oppositions d'un geste de la main continuant sur sa lancée.
-Ils veulent mettre en avant votre côté gémellaire, et l'interview portera également sur ce sujet. Vous comprenez bien que Gustav et Georg ne sont pas vraiment à même d'assurer des réponses aux questions que l'on vous posera, termine-il en souriant.

Finalement ça ne devrait pas être si terrible que ça, je dirais même que je suis plutôt impatient de me retrouver seul avec mon frère. Les photos avec lui sont devenues plus un plaisir qu'autre chose, même s'il faut faire telle ou telle pose, j'ai l'impression que la séance passe plus rapidement à ses côtés.

-Donc on commencera avec les quelques interviews et puis Dave vous amènera sur le lieu du photoshoot...
-Donc on ne le fait pas ici,
je lance perspicace.
-Non, ils veulent un décor particulier et on finit par trouver ce qu'il recherchaient dans une vieille usine désaffectée au nord d'Hambourg, donc je vous conseille de vous habiller chaudement, enfin vous êtes grand, débrouillez-vous, mais ne venez pas vous plaindre après si vous avez chopé la crève...je vous aurai prévenu...

Après cela nous finissons notre petit déjeuné à deux heures de l'après midi passé, pour ensuite profiter des quelques heures qui nous sont accordées avant notre dernière journée de boulot. Je me fait toujours rire à m'entendre parler ainsi, il est vrai que j'ai mis du temps avant de réaliser que oui, la musique est devenue notre métier, le travail pour lequel on se lève tous les matins et qui j'espère pourra nous faire vivre jusqu'aux restant de nos jours.

[...]

Les deux, trois interviews se sont finalement transformées en dizaine d'entrevues, sur ce coup là on peut dire que David nous a bien eu. Mais bon qu'importe, il y en aurait eu quinze, vingt, on les aurait quand même faites, en ce jour de « pré-vacances » notre seule préoccupation est de terminer tout cela au plus vite pour enfin, profiter pleinement de nos quatorze petits jours de congé. Après ce sera à nouveau promotion, interviews, plateaux de télé, concerts, photoshootings, et voyages à travers le monde entier, alors une petite pause n'est jamais de refus, même si l'on adore par dessus tout ce que l'on fait, on ne tiendrait pas une année entière sans prendre le temps de retrouver le calme, la famille, les amis... Se ressourcer un peu avant l'année de folie qui nous attend.

Je divague à mon aise, regardant le paysage défiler à travers les vitres de la voiture, avec en fond sonore la grosse merde qu'écoute Dave *rire*.

J'observe mon frère à la dérobée, lui aussi dans ses pensées, puis jette un coup d'oeil à Dave, concentré sur la route. Je prend alors délicatement la main de mon jumeau dans la mienne, entrelaçant nos doigts ensemble, j'obtiens ainsi un doux regard de sa part et un petit sourire tandis qu'il ressert sa prise, ses yeux retournant à leur contemplation du dehors.

Les minutes défilent, le trajet diminue petit à petit et je sens le pouce de mon amour caresser tendrement le dos de ma main, accélérant mes battements de coeur par la même occasion.

[...]

-Place-toi juste derrière lui, voilà, comme ça, c'est parfait...

Je sens son corps se coller au mien, son souffle dans ma nuque, sa présence est si proche, son odeur si attirante pour mes petits sens en éveil... Je ne vais jamais tenir toute une séance.

-Place tes mains sur ses hanches Tom... un peu plus bas... glisse ta tête dans son cou... très bien c'est parfait, ne bouge plus... Bill, regarde-moi bien... superbe... vous êtes divins mes enfants...

Tout son corps qui est comme soudé au mien, et ce crétin qui veut que je le regarde, non mais je voudrais t'y voir moi. Je vais craquer bon sang et j'ai l'impression de ne pas être le seul. Sa respiration se fait plus saccadée et je le sens perdre doucement le contrôle. Ses mains devenues moites passent la barrière de mes vêtement pour se frayer un doux chemin à même ma peau. Ma tête bascule en arrière, reposant sur son épaule, tandis qu'il accède à l'entièreté de ma gorge qu'il couvre de délicats baisers. Je crois qu'on nous parle, mais dans l'état actuel des choses, je n'en tiens simplement plus compte.

Me laissant entraîner par la frénésie du moment, je lui dis ces quelques mots, que je pense si fort, tellement qu'il m'est impossible de les garder pour moi...

-Tom...murmurai-je, à moitié gémissant... j'ai envie de toi... envie d'être en toi...

Sa réaction ne se fait pas attendre et notre petit moment de bonheur se brise aussi vite qu'il était arrivé. Il me lâche de suite, et s'en va sans plus de cérémonie, nous plantant moi, le photographe et toute l'équipe, sans aucune explication. Enfin, en ce qui me concerne, je sais très bien pourquoi il a réagit de cette façon, je n'aurais jamais dû lui dire une chose pareille, je sais pourtant parfaitement bien à quel point il déteste cela, mais parfois c'est juste plus fort que moi.

-TOM... l'appelai-je.

Bien entendu, il ne s'arrête pas, je cours donc à sa suite, sous le mécontentement de toute l'équipe, qui se désole de voir partir ses deux modèles. J'entends le photographe hurler à tout va, il n'a pas l'habitude d'être contrarié dans son travail apparemment mais cela n'empêche pas ma course.

[...]

Cela doit bien faire dix bonnes minutes que je cherche mon frère à présent et c'est finalement à l'extérieur du bâtiment, une clope à la main, appuyé contre un mur, que je le retrouve. Je ne peux m'empêcher de le regarder quelques instants, je sais pertinemment bien ce qu'il va se dérouler dans quelques minutes, une dispute et une crise de sa part se profilent à l'horizon, alors je profite du calme de ce moment.

Je m'approche lentement, déclarant ainsi ma présence et récoltant de ce fait un regard haineux de sa part.

-Tom...Tu sais...Il faudra bien un jour qu'on en parle...
-Je ne crois pas non, alors laisse-moi seul, je n'ai pas envie de discuter de ça avec toi...
me dit-il en s'éloignant déjà.
-Tu ne pourras pas fuir éternellement Tom...

Mais il est bien loin déjà et je n'obtiens aucune réponse, ça n'est pas comme si cela changeait de d'habitude. Mais même avec le temps, une chose n'a toujours pas changé, le mal que me provoque sa fuite, partant toujours tel un lâche, ne voulant jamais assumer cette situation entre nous. La colère exprimée dans ces yeux à chaque fois que j'aborde le sujet, me répercutant en pleine face mes espoirs jamais concrétisés. Cette absence de dialogue entre nous à ce sujet, on peut pourtant tout se dire mais apparemment celui-ci pose problème.
Et je m'obstine, mais rien n'évolue, seulement ma peine.

[...]

C'est dans cette ambiance et ce silence pesant que nous rejoignons l'hôtel pour notre dernière nuit ici. Mes yeux cherchent les siens mais ces derniers s'acharnent à rester hors de ma portée, regardant le dehors d'un air absent.

Une fois arrivés, tout le monde remarque bien le froid entre nous mais personne ne dit rien, des histoires de jumeaux pensent-ils...Remarque je ne vais pas m'en plaindre, j'ai horreur que l'on se mêle de nos affaires et je me vois mal expliquer la situation à quelqu'un.

Tom m'échappe et je ne peux rien y faire.

A l'étage pas le temps de dire « ouf », qu'il a déjà disparu dans sa chambre. De ce fait je regagne donc la mienne. Cela fait je n'ai plus la force de rien si ce n'est de m'affaler sur mon lit, les bras en étoile, laissant mes larmes couler doucement. Meurtrir mon petit c½ur...

[...]

Mon frère a honte de ce que l'on fait, enfin plus exactement de ce que je lui fait. Et je ne comprends pas, tout ceci me blesse tellement. Est-ce que je m'y prends mal? Pourtant il ne dit jamais rien, justement c'est bien là que se situe le problème. Jamais, pas un mot, un soupir, une demande...rien. Mais je n'ai pourtant pas l'impression de le forcer. Est-ce qu'il ne le veut pas mais ne me dit rien? Mais pourquoi ne me le dirait-il pas si cela le dérangeait?
Le veut-il vraiment? Dans le fond il ne m'a jamais vraiment dit explicitement ce qu'il ressentait pour moi. Je pensais cela limpide mais au fur et à mesure que le temps passe, je suis de moins en moins sûr. Pourtant tout ces regards entre nous, ces gestes tendres, il ne me repousse jamais, il me dit qu'il aime la façon dont je le regarde, nos moments passés ensemble mais ne veut jamais approfondir le sujet.

J'aime faire l'amour à mon frère mais qu'en est-il de lui ?Désir-t-il vraiment cette relation entre nous?

[...]

Il est bien minuit passé à présent mais je ne dors toujours pas. Je me retourne encore et encore dans mon lit sans arriver à trouver le sommeil. Je ne cesse de repenser à cette journée, je suis mélancolique, inquiet surtout, j'ai peur qu'il veuille tout arrêter. Moi, je ne pourrais pas.

N'y tenant plus je finis par me lever dans le but d'aller le rejoindre, peu importe ce qu'il se passera, cette situation entre nous ne peut plus durer, je ne le supporterai pas plus longtemps.

[...]

Les minutes défilent et je suis toujours debout devant sa porte, m'imaginant mille et un scénario, du pire au meilleur, je ne sais que penser. Mettant de côté mes craintes, je frappe donc quelques coups et attends quelques secondes mais personne ne me répond, je prend donc mon courage à deux mains et entre sans plus de cérémonie. En apparence j'ai l'air sûr de moi mais dans le fond il n'en est rien, c'est l'ébullition dans mon cerveau, j'ai beau essayer de trouver quelque chose de concret à dire, rien ne vient à l'esprit.

Je continue mon avancée de quelques pas et toutes mes pensées se stoppent.

Là, juste devant moi, recroquevillé tel un petit foetus, se trouve endormi mon grand frère. Ses traits sont crispés comme s'il était entrain de faire un mauvais rêve, la seule lumière encore allumée de cette pièce me permet de voir ses yeux rougis et fatigués qui ont sans doute dû pleurer un peu auparavant. Il s'est empêtré dans ses draps comme un petit garçon et il me semble impossible de le sortir de là. Cette vision me fait sourire autant qu'elle m'attriste. J'ai beaucoup de mal à accepter que mon frère puisse être malheureux de cette situation et cela renforce ma culpabilité, j'ai réellement peur de lui avoir fait du mal maintenant.

Je m'avance doucement, m'installant sur le bord du lit à ses côtés. Et comme si ma main ne pouvait s'en empêcher, elle part rejoindre doucement son visage sur lequel elle applique de nombreuses caresses. Je fait glisser mes doigts lentement le long de sa joue, retraçant le contour de sa si jolie bouche, m'égarant dans la fin de ses petites tresses. Je refais ce chemin indéfiniment et je peux apercevoir ses traits se détendre, son corps se décrisper ainsi qu'un petit sourire prendre place sur ses petites lèvres.

J'hésite énormément mais finalement je cède à mes pulsions et je m'allonge face à lui, au dessus de la couette. Je pose mon front contre le sien, chatouillant du bout du nez mon identique, entremêlant nos souffles ensemble. Inconsciemment sûrement ou par instinct peut-être, mon frère m'enlace, m'entourant de son bras, me rapprochant un peu plus de lui et je m'endors ainsi dans la chaleur, la douceur et l'odeur de mon bien-aimé.

Les explications attendront encore un peu...

[...]




Fin seconde partie






Finalement il y aura trois parties, cette dernière arrivera sous peu, du moins je l'espère...

# Posted on Sunday, 18 October 2009 at 4:52 PM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 8:36 PM

Une jolie matinée...

Une jolie matinée...
Os non twinscest...j'y narre juste une douce matinée entre deux jumeaux qui s'aiment énormément, sans doute bien plus que la normale :)





UNE JOLIE MATINEE...


Je m'écroule au sol, la fatigue aidant. Je suis en colère contre moi-même, j'ai beau essayer encore et encore, toujours et indéfiniment, je n'y arrive pas. Je rage contre ce corps fragile qui ne veut plus m'obéir, contre cet esprit faible, de lâche qui ne me pousse qu'à abandonner encore plus, me laissant m'échouer à terre comme une épave. Quelle déchéance...

-Relève-toi Bill ! M'ordonne-t-elle.
-Je ne peux pas...Je n'en peux plus...

Le sang bat dans mes tempes à une telle allure, j'ai l'impression que mon cerveau est en totale ébullition. Je ne sens plus mes muscles, ma peau me brûle, j'ai la tête qui tourne. Je suis épuisé par le travail, tout cet acharnement. Je ne tiendrai jamais.

-Ce n'est pas ainsi que tu réussiras ce pas de danse Bill, relève-toi et recommence !
-NON, j'ai dit que je ne POUVAIS plus... je me mets à crier.
-Cesse tes caprices immédiatement et remets-toi au travail, la représentation est pour dans un mois. Je t'ai donné la place, tu l'as voulue, maintenant montre-toi en digne !
-Mais je... J'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'elle me coupe alors la parole.
-Je t'ai dit de te lever et de recommencer, si tu ne t'en sens pas capable, tu peux sortir de cette classe, ton cours est terminé.

Me faire humilier de la sorte, devant tous les élèves de ma classe, quelle honte. Je me relève rapidement, les larmes aux yeux, récupérant mes affaires et quittant le cours sur le champs, sous les murmures réprobateurs de mes congénères. Qu'ils aillent tous au Diable !
Il faut que je sorte d'ici au plus vite, un besoin urgent de le voir se manifeste en moi. Je me mets alors à courir dans les couloirs, je pleure. Un peu déboussolé, je fini tout de même par trouver mon chemin.

Je cours de plus en plus vite, déboulant dans la rue comme une furie, bousculant les passants, m'excusant à peine. Mon sac à bout d'épaule menace de tomber, je ne me suis pas changé, toutes mes affaires en main, je ne fais qu'accélérer ma course. Ma vue est brouillée par les larmes, mais de toute manière je connais le chemin par coeur, je pourrais le faire les yeux fermés tellement j'ai dû l'emprunter.

Quand un cours se passe ainsi, je me sens tellement mal, que je ne désire plus qu'une seule et unique chose; le retrouver. Et alors le même scénario se déroule à chaque fois car cette envie se fait si présente que je ne peux même plus la contrôler, c'est mon corps, mon coeur et mon esprit qui l'appellent.

Les escaliers d'une autre école se dressent à présent devant moi. Je m'y engouffre sans plus attendre. Je montes les marches une à une, traverse les couloirs du bâtiment, je sais très bien où il se trouve et dans l'état actuel des choses il doit sans aucun doute savoir que je vais débarquer d'un moment à l'autre.

J'ouvre la porte de la salle de classe, qui se fracasse contre le mur, déclenchant un boucan infernal, interrompant un cour de break danse par la même occasion. Tous les étudiants s'arrêtent et se retournent face à moi. L'incompréhension se lit sur leurs visages. Après tout je peux bien les comprendre, un inconnu débarque, pleurant comme si on venait de lui annoncer la pire nouvelle de sa vie, bousille un entraînement, et reste là, sur le pas de la porte à attendre que quelque chose se passe...Il y a de quoi se poser des questions.

-Qu'est-ce que c'est que ce bordel? Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il se passe ici? Questionne le prof, s'énervant légèrement mais personne ne prend la peine de lui répondre.

Dans le brouillard de mes larmes je distingue une forme se rapprocher de moi. Et puis je la sens, cette chaleur au fond de moi, qui m'indique sa présence, qui me dit que maintenant tout va aller mieux.

L'instant d'après deux bras protecteurs m'enlacent, me serrant fort, m'apportant le réconfort que je cherchais depuis mon départ. A cet instant plus rien n'a d'importance, tout pourrait arriver que rien absolument rien ne m'atteindrait, dans ses bras le monde peut bien s'écrouler, je m'en fiche totalement.

Je resserre cette étreinte tant convoitée, et mes nerfs me lâchent complètement, mes pleurs redoublent, ma respiration se bloque, j'essaye de lui parler mais rien ne sort. Il me dit de ne pas m'affoler, de reprendre mon calme en me massant doucement le crâne, passant ses longs doigts dans ma chevelure ébène en de brèves caresses.

Il me câline tendrement, continuant ses murmures d'apaisement au creux de mes oreilles, m'embrassant délicatement le visage, le cou, finissant par nous mettre front contre front, titillant le bout de mon nez avec le sien, bisous d'esquimau, ce qui me redonne le sourire, faible, petit, mais tout de même là.

Et puis je glisse ma tête dans le creux de son cou, redemandant encore plus d'attention de sa part. Alors je ressens sa prise se resserrer au fil des secondes qui s'écoulent. Je me laisse emporter par cette odeur qui le caractérise tant et qui me rend complètement dépendant, son odeur, ma drogue intensive, mon calment le plus efficace, le remède à tous mes problèmes.

Toutes les attentions qu'il me porte me feraient presque oublier la raison de mon chagrin. Il suffit de sa présence pour que tout aille mieux, que tout soit oublié, effacé, placé au second plan. Mon jumeau, ma raison d'exister.

-Tomi emmène-moi loin d'ici...
-Tout ce que tu veux petit prince. Me murmure-t-il.

Il se sépare de moi un instant, s'adressant à son professeur. Je peux alors voir la tête des danseurs encore plus ébahis qu'au paravent. Je crois qu'un Tom pareil, si tendre et attentionné, ne leur était encore jamais apparu de cette façon, il faut dire qu'il ne se comporte ainsi que très rarement et uniquement avec moi, rôle de grand frère protecteur qu'il tient à la perfection.

-Dean cas de force majeur, sauvetage d'une princesse en détresse, je quitte le cours un peu plus tôt que prévu, désolé pour cette interruption... annonce-t-il en souriant.

Il récolte ainsi quelques rires des élèves et de son prof, qui accepte gentiment, sans poser plus de questions.

-Alors où est-ce que je t'emmène princesse? Me demande-il en souriant.
-Tomi...m'indignais-je faussement, lui frappant gentiment le torse.
-Quoi? Me répondit-il innocemment, passant son bras autour de mes épaules, nous dirigeant vers la sortie.
-T'es irrécupérable...souriais-je.
-Et c'est toi qui me dit ça, après tout ton cinéma, non mais je rêve...Manquerait plus que tu me sermonnes parce que je ne te porte pas encore dans mes bras...
-Hum tu sais ça n'est pas une si mauvaise idée...
-Et voilà qu'est-ce que je disais, La Diva fait encore des siennes...
-Mais je ne te permets pas voyons...riais-je.

C'est dans cette ambiance douce et calme que nous sortons, bras dessus bras dessous, marchant dans les rues tranquillement, nos visages éclairés par la lumière du soleil. Le jour s'est levé il y a quelques heures à peine, alors c'est en cette fraîche matinée que nos pas nous guident lentement vers un petit parc peu fréquenté à cette heure de la journée. Les mots se font rares entre nous mais je sais que la discussion fatidique va bientôt tomber, il s'agit simplement d'une question de temps. Après quelques minutes de marches nous nous installons sous un vieux chêne isolé, et c'est à l'ombre de son feuillage que la conversation commence.

-Alors qu'est-ce qu'il s'est passé cette fois-ci?
-T'as même pas une petite idée...
-Si mais je veux te l'entendre dire toi-même, et que tu m'expliques en détail, je sais que ça te fera du bien d'en parler.

Je soupire sachant qu'il a comme d'habitude parfaitement raison. Mais ça me rappelle à quel point tout va mal en ce moment et c'est tellement dur de me l'avouer à moi-même, alors le dire à voix haute c'est encore pire, ça rend la chose définitivement plus réelle. La situation actuelle me terrifie tellement.

-Comme tu le sais le spectacle est pour dans un mois et j'ai toujours du mal avec certains pas, certaines figures...et Maureen en attend tellement de moi, elle dit que je ne sais pas me montrer digne de la place qu'elle m'a donné. Et elle me met tellement la pression, tu sais j'arrête pas de bosser, je crois que je ne me suis jamais autant donné de ma vie, mais là j'en peux plus, je sature complètement. Et je comprend pas pourquoi mon corps ne suit pas, d'habitude je n'avais aucun problème, et puis là je ne sais pas, je suis en permanence crevé, stressé, j'ai peur de ce qu'elle pourrait me dire, mais je fais de mon mieux je te le jure...c'est juste je sais pas, peut-être qu'il faudrait que je travaille encore plus, mais mon corps ne suivra jamais, je n'arrive déjà presque plus à dormir et pourtant je suis si fatigué...Peut-être il me faudrait plus de temps, mais elle ne comprendrait jamais de toute façon...
Elle m'a virée du cours, tu comprends, j'ai jamais été aussi humilié de toute ma vie, et elle a dit ça comme si elle n'en avait rien à foutre...et cette bande de cons qui se sont mis à approuver...J'en ai marre Tomi, je tiendrai jamais dans cette ambiance de merde...mais c'est le rôle de ma vie, je me dois de réussir ça...Je ne sais plus quoi faire...
finis-je en sanglotant.

Installé entre les jambes de mon frère, ce dernier assis contre le tronc de l'arbre, je sens la prise de ses bras m'entourant, se resserrer à l'entente de ma nouvelle crise de larmes. Sa tête dans mon cou recommence ces doux baisers pour tenter de me calmer. Il ne commencera à parler qu'une fois cela fait. Il sait très bien qu'avant ça il n'aura pas toute mon attention et puis de tout façon, le pincement que j'ai au coeur me souffle que cela lui fait horriblement mal de me savoir ainsi. Il déteste me voir pleurer, et quand je vais mal, c'est un besoin qu'il a de me réconforter. L'un ne peut aller bien sans l'autre.

-Cesse de pleurer mon ti ange, tu sais que ça me fait mal de te voir dans cet état...

Lentement, à l'aide de sa douceur, de sa patience, et plus simplement de sa présence, je reprend contenance. Séchant mes larmes d'un revers de main, je calme ma respiration et m'installe encore plus confortablement sur mon frère, s'il est encore possible de le faire. Je sens les battements de mon coeur s'accorder avec les siens, et cette connexion entre nous se fait des plus présente, m'apportant l'apaisement le plus complet qu'il soit.

Me sentant enfin reposé il prend alors la parole.

-Bill que t'avais-je déjà dit à propos de Maureen?
-De ne pas prendre en compte ce qu'elle dirait de mal envers moi... je sais mais c'est plus fort que moi, d'un côté je comprend son point de vue et elle n'a pas tord, je suis pas assez compétant pour ce rôle et...
-Je t'interdis de dire ça, tu sais très bien que ce n'est qu'un tas de conneries qu'elle te raconte...Tout ce qu'elle veut c'est te remuer un peu...on sait aussi bien l'un que l'autre que tu es l'un des meilleurs danseurs qu'elle n'ait jamais eu !
-Non c'est n'importe quoi... je ne suis pas à la hauteur c'est tout, il faudrait juste...
-Bill arrête avec ça et ne m'oblige pas à répéter...si c'est pour te mentir à toi-même ça n'en vaut pas la peine, et puis tu ne serais pas dans un état pareil si tu approuvais ce qu'elle t'as dit...
-C'est juste...Je sais pas...elle ne pourrait pas le dire autrement alors...plus...gentiment?
-Maureen est sévère, stricte, froide et directe, si elle te l'a dit de cette façon c'est qu'elle savait très bien que cela aurait un impacte sur ta façon de voir les choses...maintenant à toi de prendre ça dans le bon sens et d'en tirer de bonnes leçons...Prouve-lui qu'elle a tord, que t'es le meilleur, que tu mérites ce rôle, ce qui est en toute honnêteté le cas. Finit-il en souriant.

Il aura au moins le mérite de me remettre les idées en place. C'est dingue comme il arrive à me faire avouer à moi-même ce que je refuse de croire.

On reste là encore un moment, sans échanger d'autres paroles, aucun besoin de le faire. Je me sens bien, et une fois de plus il avait raison quand à ce que ça me ferait du bien d'en discuter calmement. Maintenant les choses ont été dites, mises à plat et je sais ce qu'il me reste à faire.

Je profite de l'instant présent, de mon jumeau à mes côté, de l'amour et l'attention qu'il me porte. Qu'est-ce que la vie me paraît belle quand on est ainsi, à deux, ensemble contre le monde entier...Rien ne pourrait être mieux.

-Tu veux qu'on rentre à la maison, pour se poser confortablement, s'allonger un peu, t'as l'air crevé. Me demande-t-il après quelques minutes, brisant ainsi le long silence qui s'était installé.
-Mmui si tu veux...

De ce fait nous nous levons et toujours bien calé contre lui, son bras autour de mes épaules, le mien autour de ses hanches, nous marchons en direction de la maison. A nous voir comme ça, j'ai l'impression de voir deux amoureux, un joli couple, ce que nous sommes à quelques détails près. Cet amour est tellement surdimentionné, il ne pourrait rivaliser avec aucun autre...

J'écoute les oiseaux chanter doucement en haut des arbres. Le vent qui souffle doucement, apporte un brin de fraîcheur en cette chaude journée car le temps a passé, midi approche et le soleil tape de plus en plus fort. Les beaux jours arrivent, la gaieté dans les coeurs, le sourire sur les visages, c'est fou comme le beau temps rend les gens heureux.

J'en étais à mes constatations passionnantes quand nous tombons sur des amis à Tom...

-Hey comment ça va vieux? demande un prénommé Dylan à ce que j'ai pu comprendre.
-Hey mon pote, ça fait plaisir de te voir.
-Ça fait un bail qu'on ne t'a plus vu, qu'est-ce que tu deviens, toujours dans ton école de friqué?
-Ouai ouai toujours et toi, tu continues de zoner, ou une illumination divine t'as fait revenir sur le droit chemin? Rigole-t-il.
-Haaaa Tom il y a des choses qui ne changerons jamais je pense...se marre-t-il à son tour.
-Et bien j'espère que les affaires marchent toujours alors, mais dis-moi t'as l'air en bonne compagnie...ses potes rigolent.

Et voilà le retour du Tom dragueur, il va encore nous sortir tout le grand jeux. Dieu que j'ai horreur de ça. Pourquoi faut-il toujours que quand on soit ensemble il soit si parfait et qu'avec les autres il change à ce point, se transformant en macho prépubère, comme si il était obligé de changer de personnalité pour se faire remarquer. C'est tellement puérile, ça a le dont de m'exaspérer, je déteste ce Tom là. En plus il a fallut qu'on rencontre Dylan, parce que oui, maintenant je me souviens de qui il s'agit. Ce mec n'a jamais su m'encadrer, il ne doit même plus se souvenir de moi à l'heure qu'il est.

-Ouai man, je te présente Kelly, Carmen et Anna, je ne sais pas si tu te souviens on était ensemble en primaire. Et quand tu vois ce que c'est devenu, je suis content d'avoir gardé le contact putain.

Mon frère rigole, ce qu'il peut être con quand il s'y met. Parler de ces filles comme du bétail, et ça les fait rire...En parlant de celles-là vu le regard qu'elles me lancent, pas certain qu'elle me portent dans leur coeur non plus. En même temps elles doivent me prendre pour la copine de mon frère et sont sans doute jalouses à crever.

-Mais toi aussi il me semble que t'as eu la bonne pioche, tu nous présentes pas à la jolie demoiselle?

Et voilà, qu'est-ce que je disais...

-Mec calme tes ardeurs ! C'est...mon frère...jumeau...

Et là un gros blanc s'installe. Faut dire que Tom a été un peu sec sur le coup, il n'apprécie que moyennement qu'on me prenne pour une fille, mais alors si on me considère comme sa copine...C'est déjà arrivé et en général il le prend assez mal. Depuis le temps moi je m'y suis fait, entre nous il y a toujours eu cette proximité trop importante, mais pour rien au monde je ne voudrais changer cela, donc les commentaires désagréables je ne les entends plus. Mais lui c'est autre chose, toujours ce besoin de me protéger, et puis je suis son frère, pas sa soeur, il ne supporte pas que l'on remette ça en cause.

-Wow man je suis désolé mais on dirait vraiment une meuf c'est...
-Ta gueule, je t'ai dit que c'était mon frère, alors arrête de me dire qu'il ressemble à une fille...
-Tom c'est bon laisse tomber, on s'en fout. Intervenais-je avant que ça ne dégénère.
-Putain mais c'est que c'est vraiment un mec bordel...dit-il avec un air dégoûté, de même que ses potes.

Là je sens que c'est la goutte d'eau qui va faire déborder le vase donc je m'empresse de prendre mon frère par le bras et de le tirer en arrière avant qu'il n'aille défoncer la gueule du connard qui nous fait face.

-Tom on rentre, viens, les écoute pas.
-Mais c'est qu'elle est autoritaire la petite soeur...
-Putain je vais...
-Tom fais pas attention, je m'en fous.
-Oui mais moi pas, il n'a pas à te parler de cette façon.
-Laisse tomber, je veux pas qu'ils te fassent du mal, juste, viens avec moi, on rentre et on se pose tranquillement, et tu me feras plein de câlins pour me consoler de ce que le méchant garçon m'a dit...finissais-je en murmurant à son oreille, le sourire aux lèvres.

Je vois mon frère sourire doucement et lâcher l'affaire, me reprenant contre lui, on fait demi-tour s'éloignant de cette bande d'abrutis, continuant notre route tranquillement, leurs voix s'estompant doucement. Ils auront beaux nous crier toutes les saloperies du monde, nous n'entendons plus rien, enfermés dans notre petite bulle de bonheur, personne ne viendra gâcher ce merveilleux début de journée.

[ellipse jusqu'à leur maison ]

Les marches défilent sous mon regard, mes pieds agissent par habitude, moi je ne fais que suivre mon frère, tenant fermement sa main dans la mienne. Nous arrivons à l'étage et entrons dans sa chambre. Je crois qu'il est impossible pour moi de tenir plus de deux secondes dans cette pièce sans planer, son odeur est partout, imprégnée dans chaque recoin, chaque tissu, chaque particule d'air contenue dans cette pièce. Un bonheur absolu.

Lentement il m'avance jusqu'à son lit, puis me lâche la main pour commencer à se déshabiller pour ne plus garder que son boxer. Et moi je reste là comme un con, en pleine admiration devant mon grand frère. Je n'arrive plus à détacher mon regard de son corps, il est si « délectablement »(*) attirant. Et je m'en veux un peu d'être si niais devant lui, parce que ça a toujours été le cas, et même avec les années ça n'est pas passé, ça ne fait que s'empirer au contraire.

J'ai l'impression d'être un voyeur, mais c'est plus fort que moi, et dans le fond, je crois que le pire c'est que j'adore ça. Cette peau légèrement bronzée, ces muscles bougeant en rythme avec ses mouvements, cette grâce divine qui se dégage de lui et qui rend son être si envoûtant, ces petites tresses noires qui glissent le long de ses épaules terminant leur doux chemin entre ses omoplates saillantes, tout son corps qui fait appel à un tel pêché de luxure...Même si je le voulais, je n'y résisterais jamais, j'ai toujours trouvé mon frère atrocement beau, parce que c'est le cas.

Il finit par se rendre compte qu'il est observé et se retourne face à moi.

-T'es dans la lune mon ange. Me dit-il en souriant.

Je ne répond rien, lui sourit simplement à mon tour et commence à me déshabiller calmement, sans trop poser mon regard sur ce corps tant convoité, de peur de repartir dans une nouvelle contemplation sans fin.

Mais je vais sans doute un peu trop lentement à son goût puisque une fois chaussures, chaussettes et pantalon enlevé, il s'avance vers moi et commence à me retirer mon T-shit. Je me laisse faire, comme hypnotisé, levant simplement les bras en l'air tel un pantin désarticulé.

Il a enfin l'air de remarquer ce qui me rend si niais, et sourit doucement. Parce que oui, mon frère est au courant. Forcément quand on était plus jeune, je passais mon temps à attendre derrière la porte de la salle de bain, qu'il ait finit de se doucher pour rentrer et le regarder discrètement se sécher et s'habiller. Mais pas si discrètement que ça apparemment parce qu'il a finit par se poser des questions, et sont arrivées les explications gênantes qui l'ont plus fait s'attendrir qu'autre chose.

De toute manière entre nous, il y a beaucoup trop de réciprocité pour que je m'inquiète outre mesure. Ce que je ressens, il est fort probable que ce soit pareil de son coté, seulement je m'abandonne tellement plus facilement que lui. Après tout, tant que ça ne pose pas problème, rien n'est vraiment grave.

Maintenant que je suis un boxer également, il me tire gentiment par le bras pour me faire avancer. Il sait que dans un tel état, il y a peu de chance que je bouge de moi-même. Il m'allonge doucement dans ses draps, recouvrant, mon corps de sa couette et vient s'installer à mes côtés.

Je suis au paradis.

Entouré d'un cocon de Tom. Son odeur si présente monte dans mes narines, s'infiltre au plus profond de chaque particule de mon corps, se dirige dans mon cerveau qu'elle embrume totalement de cette senteur si douce, si divine, le rendant hors-service, attaque mon coeur dont les battements s'accélèrent à toute vitesse, bouillonne dans mon sang, créant l'ébullition, l'implosion à l'intérieur de moi-même, s'arrange pour créer un délicieux chaos pour tous les organes de mon être. Elle tourbillonne autour de moi sans jamais s'arrêter, m'emmenant dans *la stratosphère Tom*.

Je viens me blottir dans ses bras, nichant ma tête au creux de son cou, aspirant cette drogue à plein poumon, me rendant plus shooté encore que je ne le suis déjà.

Je nous revois à six ans, lors des disputes de nos parents, c'était exactement la même chose, je montais timidement dans son lit me serrant tout contre lui alors qu'il dormait et comme par intuition, dans son sommeil, sentait ma détresse et resserrait ses petits bras frêles autour de moi. Je n'entendais plus les cris ni les objets brisés, et je m'endormais tranquillement, apaisé.

Je sens les doigts de sa main frôler mon dos dans de doux mouvements, de mon cou, descendant le long de ma colonne vertébrale, puis reprendre leur ascension dans le sens inverse. L'autre, se prélasse gentiment comme à son habitude, dans ma chevelure ébène. Des frissons grisants de plaisir traversent mon corps, des racines de mes cheveux jusqu'au bout de mes orteils.

La matinée avait mal commencé, mais il me semble de là où je plane, que rien n'aurait pu mieux se finir. C'est ainsi que comme lors de mes six ans, je m'endors tranquillement, apaisé, dans les bras de celui qui compte le plus pour moi. Mon jumeau.









(*)délectablement est un mot qui n'existe absolument pas...mais je n'arrivais pas à trouver un mot qui convienne mieux que celui utilisé :)



# Posted on Thursday, 03 September 2009 at 9:07 AM

Edited on Tuesday, 10 November 2009 at 8:37 PM