(prière d'écouter un morceau calme, doux, un peu mélancolique, pour votre propre plaisir)
Say Goodbye...My Angel Dust
Chapitre I - All My Dreams...Broken
Aujourd'hui il fait beau, un magnifique soleil rayonne, éclairant toute la ville de ses merveilleuses couleurs. La neige tombe sur nos toits ce matin, l'air frai sort de ma bouche, créant un petit nuage de brume devant mes yeux. Je fredonne un air qui me trotte dans la tête depuis plusieurs jours déjà, je ne le connais pas mais il est beau. Je ne me pose pas de questions , je suis l'habituelle routine de tout les jours. Je marche doucement sur le trottoir, me rapprochant de mon calvaire éternel, mais mon esprit lui divague, c'est encore la seule chose chez moi qui ne m'est pas dictée de faire, que je choisi moi-même. Toujours cet air mélancolique m'emportant loin. Mais j'arrive bientôt, alors je descend de mon nuage, je vois la réalité, je reviens sur terre, et je prend à nouveau pour une millième fois cet air assuré, cette confiance en moi pointant le bout de son nez, comme tous les jours quand je suis ici, quatrième dalle après le second petit muret. Je me stoppe, regarde le ciel qui murmure des choses au vent, ces deux là sont bien partis pour une belle histoire. Mais je m'égare à nouveau, ce n'est pas raisonnable, alors je regarde devant moi, tous ces gens rentrant dans ce lieu, cet endroit que je déteste tant, et je m'avance, accrochant à moi ce sourire si narcissique et habituel qu'on me connaît bien mais qui n'est pas mien.
Tout le monde se retourne à mon entrée. Chaque personne de cette cours me regarde attentivement, pensant sûrement à quelque chose à mon propos, mal ou bien, peu m'importe comme si leur avis à mon sujet allait changer les choses. Moi je joue mon habituel in intéressé. Je continue toujours mon avancée ne regardant personne, enfin pas réellement, tout regard de ma part est à présent un regard de Bill Kaulitz, pas le mien.
J'arrive vers mon groupe, ces gens à qui je parle tous les jours, toutes les heures, de choses stupides, qui ne m'intéresse pas, qui me suivent partout, juste pour être avec Bill Kaulitz. Ce que les gens pourraient appeler des « amis ». Mais je n'ai pas d'amis. Les amis finissent toujours par te tromper un jour ou l'autre, se jouent de toi, te mentent, te trahissent. Ils sont les meilleurs ennemis que tu pourrais avoir. Alors je n'en ai pas. On ne peut pas me nuire, ni me faire mal, ni m'utiliser, ni me manipuler, ni même me cerner. Je n'ai aucune attache, aucun ami, aucune famille, aucun plaisir, aucune tristesse, aucun souvenir, rien, moi je n'ai aucune vie, je ne sais même pas pourquoi au juste je suis là.
Bill Kaulitz si, lui il a tout ce que n'importe quelle personne rêverait d'avoir, sauf moi.
Mais pour l'instant je suis Bill, alors pas de questions. Je me contente de sourire à ces demoiselles, parlant avec mes amis de choses et d'autres. C'est étrange à quel point cette situation me laisse dans une telle indifférence, ce doit être l'habitude, ce jeu finira bien par s'incruster en moi un jour ou l'autre, je cesserai donc enfin cette comédie, enfin je ne cesserai jamais vraiment, la seule différence c'est que je m'en rendrai plus compte.
L'heure fatidique sonne. En compagnie de mes amis je suis le mouvement, rentrant dans ces bâtiments lugubres pour une partie de ma journée. Encore une fois je me contente de sourire, de prendre les gens de haut et d'affirmer ma supériorité. Personne, jamais, ne doit savoir ce qui se déroule sous cette apparence ou bien ma vie serait détruite, même si ma vie ne me sert à rien, même si je ne suis pas sûr d'en avoir vraiment une, je n'ai pas envie d'être embrouillé dans mon monde. Mon vide à moi, le vide perpétuel que je me suis construit au fil des années, sans que personne ne s'en rende compte. Mon vide, le seul instant où je suis moi en étant personne. Je ne ressemble à rien, je n'ai pas de sentiments, comment en avoir quand on ne connaît rien ni personne, c'est le néant., un calme absolu, apaisant, au fin fond de mon esprit, et alors je ne me pose plus aucune question, je suis juste là, et c'est parfait comme ça.
Plusieurs minutes s'écoulent, et maintenant je peux apercevoir juste devant moi, toutes ces chaises et ces bancs, sur lesquels la moitié des personnes présentes ici vont s'affaler et terminer leur nuit dans les minutes qui suivent. La journée démarre enfin.
Assis à mon banc depuis quelques minutes déjà, je somnole à moitié, n'écoutant que d'une oreille, se que les gens sont entrain de me dire. Ne me laisseront-ils jamais en paix une seule seconde? Pourquoi ont-ils toujours ce besoin de me parler, comme si ça allait changer leur vie? Ne connaissent-ils pas le silence, la solitude et le fait de laisser les gens tranquilles? Ils ne sont même pas capable de se rendre compte que leur vie ou quoi que se soit d'autre sortant de leur bouche ne m'intéresse pas.
[...]
Les secondes, les minutes ainsi que les heures défilent. La journée se termine. Les autres veulent qu'on aille se faire un ciné. En ce qui me concerne je préfèrerais rentrer chez moi, mais bon. Je suis Bill, ne l'oublions pas. J'accepte et nous commençons à sortir. Dans les couloirs de l'écoles, on déconne, parle de cette journée, des potins, des profs, des rumeurs. Un peu de tout, ce que n'importe quel adolescent ferait en temps normal. C'est alors que...
[...]
POV Tom:
Encore une fois je sens mon estomac se retourner et tout mon repas se retrouver à nouveau dans les toilettes de l'école. L'odeur du vomi me remonte jusqu'au nez et je repars une nouvelle fois dans ma régurgitation. Je me dégoûte. Je suis sale, je suis nul, je suis laid, je suis con, je fais pitié et je ne mérite pas de vivre. Mais je suis trop lâche pour partir moi-même de ce monde.
Je crache encore une fois le sang qui dégouline de ma bouche et puis je m'essuie les lèvres avec le papier de toilette. Je tire la chasse, l'eau emportant l'objet de ma honte avec elle.
Je sors et vais me mettre en face du miroir, je ne me regarde pas, mon reflet me donne la nausée. Je suis tellement abjecte avec moi-même mais tout cela est tellement vrai. J'ouvre le robinet et me rince la bouche. L'eau coule un peu jusque dans mon cou mais je ne m'en préoccupe pas plus que ça. De toute manière qu'est-ce que ça peut bien faire.
Avant de sortir de cette pièce je remets la capuche de mon sweet sur ma tête, je suis fin prêt à affronter le monde. J'ouvre la porte et directement je me fais emporter par la masse d'élèves qui sortent précipitamment des cours.
Quatre heures à sonné, tout le monde s'échappe de cet enfer. Certains iront chez leur potes, d'autres iront manger un bout, ou tant d'autres choses encore. Moi j'avance, rentrant chez moi, doucement, discrètement, je ne veux pas qu'on me regarde, de toute façon personne ne me voit jamais. Alors que je continue lentement mon avancée, je me sens soudain poussé et propulsé par terre, quelqu'un me tombant dessus. Je ne comprend pas ce qu'il se passe mais je me sens écrasé. La personne au dessus de moi se met debout et me tend la main pour m'aider à me relever.
-Matt putain....Désolé c'est mon pote qui m'a poussé, ça va t'as rien de cassé?
-...
Je ne répond pas et commence à ramasser mes affaires éparpillées dans tout le couloir. Je n'ai pas l'habitude de parler. À vrai dire je ne parle quasiment jamais, je n'aime pas ma voix, et tout ce que je dis ne sert à rien alors je ne vois pas pourquoi je le ferais.
Je suis toujours à terre, assis entrain de ramasser mes cours quand je me rend compte que cette personne m'aide gentiment à tout rassembler.
Il me tend mes livres.
-Vraiment je m'excuse, je te jure que c'était pas voulu...
-...
Je sais très bien qu'il ne l'a pas fait exprès. Il vient de me dire que c'est son pote qui l'a poussé. Je ne parle peut-être pas beaucoup mais je ne suis pas sourd. D'ailleurs sa voix me dit vaguement quelque chose mais je n'arrive pas à me souvenir. Je sens bien qu'il est désolé et je pense qu'il ne partira pas tant que je ne lui aurai pas répondu.
-C'est rien...je murmure.
Je l'ai dit tellement bas que je ne suis même pas sûr qu'il ait pu m'entendre mais peu importe je lui ai répondu, c'est l'essentiel. Je lève la tête doucement, juste assez pour distinguer son visage sans qu'il ne voie le mien. Je ne voudrais pas lui infliger cette vision d'horreur. Et là, qui j'aperçois, Bill, Le célèbre Bill Kaulitz. Le gars que toutes les filles désirent, que tous les mecs admirent et que tous les gays veulent se faire. Quelle n'est pas ma veine. Mais bon il est plus sympa que ce que je m'imaginais. Ce gars m'intrigue, depuis que je suis arrivé ici je l'ai toujours trouvé étrange, il y a quelque chose dans son regard, comme une sorte de tristesse enfuie depuis de longues années. C'est bien la seule choses que je sais faire, repérer les gens dans mon cas, les gens malheureux, qui sous bien des apparences se cachent des autres. Je me souviendrai toujours du premier jour où je l'ai vu.
Pour la première fois dans ma minable petite existence pendant quelques minutes je n'ai pas pensé au fait que je devais sans doute être la plus grosse merde de la société mais à la beauté de ce garçon qui venait de franchir le portail. Tous les regards étaient braqués sur lui, et il affichait un petit sourire. Mais moi j'avais déjà découvert cette tristesse encrée en lui. Il n'a mis que quelques heures pour se faire connaître de toute l'école, et seulement quelques unes de plus pour être potes avec tous les gars géniaux de cet établissement et devenir le gars adulé de tous. En un jour sa réputation était faite. Ma pensée s'est brisée et j'ai continué mon chemin vers les enfers.
C'est étrange de lui parler. On ne m'adresse jamais la parole alors en plus si c'est lui.
-Ok. Ben encore désolé malgré tout, j'espère que je t'ai pas fait trop mal.
-Non.
Toujours ce même murmure inaudible mais qu'il perçoit tout de même alors c'est bon. Il doit sans doute croire qu'il m'intimide où qu'il me fait peur. C'est vrai que beaucoup de gens n'osent pas lui parler, simplement parce qu'il est ce qu'il est. Mais moi je m'en fous, Bill Kaulitz ou pas ça revient au même. Ça n'est pas parce que toute l'école le connaît que je devrais avoir peur de lui, ça n'est pas une raison suffisante.
Le croyant parti je me relève lentement, m'appuyant au mur pour ne pas tomber. Je suis maigre, beaucoup trop maigre, ma mère me le rappelle assez souvent pour que je ne l'oublie pas. Alors à la moindre chute j'encaisse en silence mais mon corps souffre. Mes os sont bien trop fragiles et ne me portent guère. Je finirai bien par me casser quelque chose un jour ou l'autre, ça ne saurait tarder. Je vais encore avoir d'énormes bleus sur tout le corps, enfin de toute façon un de plus un de moins qu'est-ce que cela va changer. Je ne peux tout de même pas empêcher un gémissement de douleur de sortir de ma bouche. Si faible soit-il, il est là quand même. Une fois complètement redressé tout se met à tourner autour de moi et je suis obligé de me rattraper au mur pour ne pas tomber. J'ai dût vomir un peu trop aujourd'hui.
-Hey ça ne va pas?
Je le croyais pourtant parti lui. Mais apparemment non.
-Si, très bien.
Mon éternel murmure. Il se rapproche de moi sans que je ne puisse rien faire et m'entoure la taille de sa main, plaçant mon bras au dessus de ses épaules. Il veut commencer à marcher mais je l'en empêche. Je ne bouge pas, je ne sais pas exactement ce qu'il veut faire mais il est trop proche, beaucoup trop proche de moi. En cet instant c'est la panique totale dans mon cerveau. Mais que me veut-il donc bon- sang?
-Mais oui c'est ça. Je t'ai entendu tu sais, quand tu t'es relevé et puis on ne s'accroche pas au mur quand tout va bien alors je t'emmène à l'infirmerie.
Voyant que je n'avance pas, il me regarde et m'interroge.
-Qu'est-ce que tu fous? Pourquoi t'avances pas?
-Je vais très bien merci, je peux me débrouiller tout seul alors lâche moi s'il te plait.
Ma voix était basse mais claire. Je ne veux pas aller à l'infirmerie. Pour qu'on me dise encore que je suis trop maigre, pour qu'on voie toutes ces marques sur mon corps, pour qu'on voie mon visage si horrible, mon corps si laid, pour qu'on se rende compte de l'erreur de la nature que je suis. Non merci. Je préfère me débrouiller seul, je n'ai pas besoin d'aide. Je veux seulement qu'il me lâche une bonne fois pour toute et qu'il me laisse tranquille. Pas qu'il soit méchant ou quoi que se soit mais je n'aime pas qu'on me touche, je n'aime pas qu'on me parle, et je ne veux pas qu'on m'aide.
Il s'arrête et se tait pendant quelques minutes puis finalement il s'en va me laissant seul.
Il me faut juste le temps de retrouver mes esprits et ensuite je me remets en marche, doucement, tout mon corps me tiraillant. Sincèrement même si j'avais voulu je n'aurais pas pu aller à l'infirmerie. Il faut se rendre à l'évidence je vais mettre trois heures pour rentrer.
[...]
POV Bill:
Toute la semaine je l'ai observé. Ce garçon, je ne connais même pas son nom, je ne sais même pas à quoi il ressemble, toujours caché sous son sweet. Mais je ne peux m'en empêcher, il y a quelque chose qui m'attire chez lui, on dirait presque qu'il voudrait disparaître tant il est discret. C'est dire jusqu'à l'autre jour je ne l'avais jamais remarqué alors que depuis le début de l'année il est avec moi, dans ma classe. Peut-être que je devrais faire plus attention aux gens qui m'entourent et décentrer le monde de sur ma personne. En réalité je suis habitué à ce que tout le monde me connaisse, mais je me rend compte que je ne pourrais pas citer le prénom des trois quart des personnes de cette école.
Je n'aime pas les gens, je ne supporte pas les gens. Ils ne m'intéressent pas, ne me servent à rien, je ne vois pas pourquoi, en aucun cas, je devrais y faire attention. Tout tourne autour de moi et de mon confort intérieur, et les inclure dedans viendrait à détruire toutes les barrières que je me suis construit jusqu'à présent. Mais lui m'intrigue. Il me perturbe alors qu'en temps normal je n'y aurais même pas pensé. Le son de sa voix continue de résonner jusqu'au fin fond de mon être, cette voix si frêle, si douce, me hante jusque dans mon monde. Avec une simple phrase il a réussi à perturber mon apaisement intérieur. Je ne comprend pas...
[...]
Nous sommes en cours de français. Depuis près d'une demi heure, notre professeur endort toute la classe avec ses explications barbantes sur ce qu'était l'Humanisme et la Pléiade à l'époque de la Renaissance, comme quoi L'Homme avait enfin pris confiance en l'homme qu'il était...
Moi je sens juste mes yeux se fermer tout seul sous la fatigue. De plus elle possède la voix typique des profs endormants, un ton morne, non changeant, c'est comme une sorte d'hypnose, c'est extrêmement dur de résister. Même les plus motivés ne tiennent pas plus d'un quart d'heure. Et après elle s'étonne que tout le monde est pété à son cours.
Vieille folle, j'en viens même parfois à espérer qu'elle crève en tombant dans les escaliers. Une de plus, une de moins, on y verrait même pas la différence.
[...]
La sonnerie retentit dans chaque pièce de l'établissement. La fin des cours est finalement arrivée, je suis toujours en vie et ma prof de français n'est pas tombée dans les escaliers.
Rapidement je range mes affaires et sors de cette classe, je me dirige alors vers mon casier, voulant récupérer mes cours du lendemain et partir d'ici au plus vite. J'introduits ma clé dans la serrure, que je tourne doucement pour éviter d'arracher la porte en même temps. Il faut dire que ces casiers doivent bien dater d'au moins l'antiquité, alors il est assez fréquent qu'une porte ou l'autre, se fasse la malle de temps en temps...
Je commence à prendre mes cahiers un à un, les entassant au fur et à mesure dans mes bras. Cette semaine les profs ont dût se passer le mot, je n'en sais rien, mais nous sommes totalement submergés de travaux en tous genres, pour tous les cours. Je ne savais pas les enseignants aussi sadiques de nos jours. Quoi qu'il en soit, je continue mon empilement, maugréant à qui veut l'entendre mon mécontentement envers la scolarité obligatoire, et ses éducateurs ho combien ignobles, les méprisant, insultant, chacun à leur tour. Quand tout à coup, mon attention fût portée sur un bout de papier tombant au sol.
A première vue, il ne me disait absolument rien. Je me baissais donc, déposant par la suite mes cours au sol afin de m'emparer de ce que je pouvais à présent distinguer comme étant une petite enveloppe.
Il n'y avait rien dessus, si ce n'est mon prénom, dans une délicate écriture, légèrement penchée. Curieux de nature, je l'ouvris rapidement, sans précautions, déchirant le papier sans aucune délicatesse. M'apparaissent alors sur un bout de feuille, quelques simples lignes, de cette même écriture...
« Mon petit Prince...
Tu dois sans doute te demander qu'est-ce que?
Pourquoi cette lettre?
Et qui te l'écrit?
Je ne répondrai à aucunes de ces questions pour le moment. A cet instant je ne peux te dire qu'une seule chose...tu emprisonnes mon esprit.
J'ai longuement hésité avant de t'envoyer ceci. Cela m'a d'abord semblé inutile dans un premier temps. Qu'est-ce que ça aurait bien pu changer dans ma petite existence, ou dans la tienne d'ailleurs? A première vue, rien.
Je le sentais en moi, de plus en plus fortement, qui prenait possession de mon être, s'emparait de mon c½ur, jusqu'à s'infiltrer au plus profond de mon âme et il fallait que je t'en parle, te le dise. C'est presque devenu vital, il m'était alors impensable de garder tout cela pour moi.
C'est arrivé tellement rapidement, si soudainement qu'au départ je n'ai même pas compris. Et plus les jours défilaient, plus je me rendais compte de ce qu'il se passait.
Si je ne comprenais pas au début, c'est tout simplement parce que j'avais peur de l'admettre. Mais maintenant je le sais.
Je pense à toi, certainement un peu trop souvent, tu fais partie de chacune de mes nuits, je sens encore ton regard se poser sur moi, et cette odeur qui t'accompagne...Mon esprit est obnubilé par toi, j'ai bien essayé de m'en défaire, mais les échecs se succédant j'ai fini par accepter et me laisser emporter par ce doux sentiment...
Il est certainement temps pour moi maintenant de te laisser...
Je t'embrasse.
Signé; Your Angel Dust»
Le temps passe et je suis toujours là, lettre à la main, au milieu du couloir. Les gens doivent sans doute se demander pourquoi mais je m'en fous. Je suis, je ne sais pas, peut-être un peu choqué, perturbé par tout cela. D'étranges choses se déroulent en moi en ce moment ainsi que de nombreuses questions, malheureusement sans réponses.
Je fini par reprendre contenance, me saisi de mes livres posés à terre, le reste de mes affaires et me remets en marche, voulant au plus vite rentrer chez moi.
[...]
POV Tom:
J'attends mon train, assis sur un des sièges du quai de la gare. Cette petite gare perdue, d'une petite ville paumée, où se situe la seule école de toute la région.
Le froid engourdi tous mes membres et malgré mon sweet, je grelotte. Quelques flocons de neige continuent de tomber, ils n'ont cessé depuis ce matin, recouvrant ce paysages sinistre d'une épaisse couche blanche opaque. A perte de vue devant moi s'étendent collines et clôtures, arbres dégarnis, devenus blancs au fil du temps et un ciel gris, froid, triste...Obscurcis de quelques flocons emprisonnés par mes cils, tel un insecte pris dans une toile d'araignée, incapable de s'en dépêtrer.
Depuis la semaine passée je passe mon temps à le regarder. J'observe le moindre de ses gestes, le suit telle une ombre, au recoin d'un couloir, du trottoir d'en face. C'est devenu pire que tout, pire qu'avant, pire que mon propre enfer, duquel je n'arrive à me sortir. Je ne cesse de penser à lui. Et chaque jour j'attend, à la même place, à la même heure, assis sur ce siège. Je l'attend.
Nous prenons le même train, et il s'assied toujours à la même place, 2ème classe, premier wagon, premier siège à gauche après la porte du compartiment, et je m'assieds toujours au bout de ce même wagon, le bouffant du regard tendrement, sans qu'il ne s'aperçoive jamais de rien.
Nous faisons un bout de chemin ensemble, dans mes rêves, et puis je le vois disparaître un arrêt avant le mien, descendre du train, marcher lentement un sourire aux lèvres, comme apaisé, libéré d'un cauchemar enfin terminé, ses cheveux se balançant doucement devant son visage angélique. Puis le contrôleur siffle un coup et le train redémarre, son image ne devenant qu'un point parmi tous ceux du paysage qui devient flou...
Cette obsession finira par me tuer plus que ma propre destruction.
Il n'est pas là aujourd'hui. Il était pourtant sorti plus vite que moi de ce cours, mais apparemment il a dut être retenu par quelque chose entre temps. « Sourire » Le train rentre en gare et il n'est toujours pas arrivé.
Aujourd'hui je suis monté dans le second wagon.
[ellipse des quelques jours...]
POV Bill:
Nous sommes samedi, la semaine est terminée, une semaine éprouvante...
J'ai décidé de prendre des distances avec tout ça. C'est pourquoi je suis ici, chez une amie de ma mère. Je ne lui parle pas, elle non plus, ma génitrice lui a seulement demandé de me prendre en charge ce week-end, soi-disant je refaisais une crise et que ça me ferait du bien de voir un autre environnement, à ce qu'elle a dit. Je n'ai jamais compris ce qu'elle entendait par « crise », je n'ai jamais compris ma mère, je n'ai jamais voulu d'une mère, je n'en ai donc pas à mes yeux.
Ana, puisque c'est ainsi qu'elle se prénomme, habite une petite maison près de la mer, dans un tout petit village, où ne vivent que des personnes d'un certain âge, ce qui n'est pas pour me déplaire. Au moins ici personne ne viendra m'embêter. Je supporte de moins en moins cette proximité avec les gens. J'ai besoin d'espace, de solitude, de calme, de vide. Je suis antipathique à tout ce qui m'entoure. Souvent, je voudrais m'endormir et ne plus jamais me réveiller et ainsi pouvoir rester dans mon monde éternellement. Mais il est des choses impossible à avoir, je sais que mon désir le plus cher me restera inaccessible jusqu'à ma mort, peut-être plus proche que je ne l'imagine.
Je ne suis pas resté longtemps dans cette maison, seulement le temps de poser mes affaires et j'étais déjà parti pour la mer.
Maintenant je suis ici, sur le bord de cette falaise, tellement à l'extrémité qu'il me suffirais d'un seul pas pour tomber. L'océan s'étend à perte de vue sous mes yeux.
Je suis sans doute habillé un peu trop froidement pour cette période de l'année, un simple T-shirt. J'ai la chair de poule, les lèvres et les mains bleues. Mais qu'importe, je ne sens rien de toute façon.
Mes cheveux brouillent ma vision, mais je ne fais rien pour les empêcher.
Des larmes dévalent mes joues en torrent, continuent leur course le long de mon cou et s'évanouissent à la lisière de mon col.
Je pleure. Il me semble que cela fait une éternité que je ne l'avais fait. Et ces perles d'eau coulent, coulent, ne veulent plus s'arrêter. Le barrage à cédé.
Mais je suis tellement perdu, je ne comprend plus rien, il y a tant de choses qui se forment en moi, tout est si nouveau et tout va si vite. Il m'est impossible de gérer tout cela en si peu de temps. Et cela m'affole d'avoir perdu le contrôle de moi-même à ce point.
J'ai l'impression de sentir le monde se former en moi, comme une effervescence des sens. Toutes mes barrières s'affaissent, tout ce que j'avais construit s'effondre, et les seules survivantes subissent les assauts de tous ces sentiments m'envahissant tel un ouragan. Mon corps ne veut plus obéir à mon esprit, et ce dernier est tant assailli, embrouillé qu'il n'y comprend plus rien, et ne résiste plus à rien ni personne. Je ne veux plus voir personne, j'ai tellement peur des gens, maintenant qu'il font partie de moi. C'est totalement effrayant comme si je venais de me réveiller d'un long coma et que je prenais enfin compte du monde qui m'entoure et des personnes qui le peuple, de leurs sentiments, leur jugement, leur opinion, leurs tracas, leur famille, leur amour, les gens qui compte pour eux, leurs pensées,...tout, absolument tout.
Un bouleversement total qui s'opère en moi.
On me charcute au couteau, me déchire le c½ur, mes poumons se compressent dans ma poitrine, j'étouffe, je tombe au sol, à genoux, mes mains amortissant ma chute.
Mon estomac se retourne dans tous les sens, j'ai envie de vomir mes tripes, mais rien ne sort, mon ventre se contracte et je souffre.
Je prend conscience, tout m'est envoyé en pleine face.
Tant d'informations que mon c½ur comprend et que j'essaye d'ignorer mais ma raison l'emporte sur tout et m'en empêche.
Je finis par rentrer, le froid me glaçant totalement.
Une fois arrivé, je ne lançai même pas un regard à Ana, continuant mon chemin directement jusqu'à ma chambre, m'y enfermant.
Allongé sur mon lit je réfléchi à tout se qu'il s'est déroulé depuis quelques semaines...
Depuis que j'ai reçu cette lettre, j'y pense tous les jours. Elle m'a tellement perturbé. Et à ça s'ajoute ce garçon, dont je ne connais toujours pas le prénom, qui ne cesse plus de hanter mon esprit à longueur de journée. J'entend sa voix, si frêle, si douce, qui trottine dans chaque recoin de ma tête. Je revois ces longues et fines mains, sortant à peine de ses manches, ramassant tous ses cours éparpillés au sol. Je me remémore tous les instants où je n'ai pu empêcher mon regard de se poser sur lui, le long de son dos, me revoyant entrain d'admirer encore et toujours ces mains auxquelles je suis devenu accro.
Tellement étrange, prendre en compte quelqu'un dans mon petit univers chaux et douillet, le transporter avec moi dans mes rêves, ne cesser de penser à lui, alors que je ne le connais même pas, que je ne l'avais jamais fait au paravent avec personne, et que je ne comptais pas le faire d'ailleurs.
Je n'y comprend vraiment plus rien.
[ ellipse lundi ]
POV Tom:
Nous sommes lundi matin, comme tous les jours il fait gris et il neige mais aujourd'hui plus que d'habitude. Je n'ai plus vu le soleil depuis plusieurs semaines, toujours ce gris lancinant et triste, comme moi en ce moment.
J'arrive devant les portes de l'école. Bienvenue en Enfer.
Capuchon sur la tête, les épaules rentrées, mes écouteurs vissés aux oreilles, je rentre dans ce bâtiment lugubre aux allures de prison. Comme chaque jour je jette un coup d'½il aux valves du premier étage. Et c'est une petite affiche, haute en couleur qui attire mon attention, je m'approche donc quelque peu pour lire.
« Cher(e ) étudiant(e ),
Comme chaque année, à l'approche des vacances de noël, sera organisé un spectacle de fin de trimestre, auquel pourront participer chaque élève le souhaitant, dans toutes les catégories voulues.
- Danse
- Chant
- Musique
- Théâtre
- Humour...
Seront présents sur scènes le groupe Amosis, et la troupe de danse de l'école supérieure Emile Ticelin.
Le spectacle comportera deux dates; le samedi 15 et le dimanche 16 décembre.
Ticket; 5 ¤ tarif étudiant / 12 ¤ adulte / 3 ¤ enfant
Chaque élève désirant participer au spectacle, prière de s'inscrire au plus vite.
Pour plus d'information, demander au secrétariat
Bien à vous, la direction. »
Je continue ma route, des idées plein la tête...
Aujourd'hui je commence ma journée de torture par deux heures de physique intensives, de quoi donner des envies de suicide à n'importe quel épicurien.
Je monte la deuxième volée d'escalier doucement, le souffle rapide vers la fin. Mais quelle idée aussi de mettre autant de marches pour accéder à un calvaire pareil, déjà que ça n'est pas spécialement réjouissant d'assister au cours alors en plus si tous les matins on nous épuise de la sorte, il y a de quoi avoir envie de ne pas venir en cours ou alors d'y aller et de s'y endormir, au choix.
Arrivé dans ma classe, je m'installe au fond comme j'en ai l'habitude.
Seul.
A travers la vitre, je regarde la neige qui a recommencé à tomber. Deux oiseaux sont collés l'un à l'autre sur le rebord de la fenêtre, se câlinant doucement.
Comme j'aimerais parfois n'être réduit qu'à un vulgaire animal, ça aurait au moins le mérite de calmer mon esprit, qui me semble-t-il, travaille un peu trop en ce moment. Beaucoup trop de pensées confuses, je sais ce que je désire mais je ne sais comment l'obtenir. Mais tout n'est qu'une question de technique aurait dit mon grand-père. Pour lui tout n'était qu'en réalité une histoire mathématique, tout pouvais se régler selon un procédé simple et bien défini. La plupart du temps je me dit qu'il était complètement hors du monde, ou qu'il n'a rien dû vivre de bien passionnant.
Les autres élèves arrivent petit à petit, personne ne fait attention à moi et c'est tant mieux.
Et puis le cours commence mais il n'est pas là.